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Rencontre avec les auteurs des Nombrils

Le sixième tome de la série Les Nombrils est présentement en prépublication dans le journal de Spirou et paraîtra sur les tablettes des librairies à l’automne. Que de chemin parcouru pour cette série qui débuta tout simplement comme une série de gags mettant en scène des adolescentes et leur univers cruel. Les personnages et le récit ont évolué pour devenir une série d’une belle richesse et l’un des coups de cœur des lecteurs et lectrices de Spirou. Rencontrée lors du Salon du Livre de Montréal en automne 2012, la scénariste Maryse Dubuc raconte à Inedispirou où ils en sont à ce jour avec cette série.

Maryse Dubuc © Emma Lacasse

Maryse Dubuc

Une histoire de personnages

Au début de la série, les personnages étaient ce qu’ils étaient : deux chipies qui s’en prennent toujours au même souffre douleur. « Si on regarde les 9 premiers gags du tome 1, Karine perd toujours, c’est ça qui faisait rire. L’évolution c’est faite partir du moment où la violence verbale envers Karine devenait un peu intolérable, il fallait amener un retournement de situation », explique Dubuc. Au départ, les deux auteurs n’avaient jamais imaginé que le récit deviendrait beaucoup plus complexe. Mais après avoir fait un retournement de situation, ils ont rapidement eu l’envie d’en faire d’autres.

Le tome 5 a été marquant quant au grands changements chez Karine, le personnage du souffre douleur. C’est d’ailleurs tout naturellement que l’évolution des personnages passe tout d’abord par elle, « plus humaine que Jenny et Vicky, donc plus naturel d’approfondir ». Mais maintenant que cette transformation est faite, les auteurs peuvent maintenant passer à autre chose, donc, à un autre personnage. « Karine n’est pas le personnage principal, il y a vraiment trois personnages principaux. On passe par-dessus Jenny et on va a Vicky pour comprendre un peu plus pourquoi elle est comme ça, la développer. C’est un personnage que j’affectionne particulièrement parce que je trouve que c’est une battante et c’est un plaisir d’enfin pouvoir lui donner un peu plus de place ». La scénariste avoue que le problème avec cette série est de manquer de place pour raconter tout ce qu’elle veut. Elle ne peut donc développer qu’un personnage par tome. Ce sera pour le 6e le tour de Vicky et prochainement, peut-être, de Jenny.

Dubuc nous confie le 6e tome sera particulièrement rempli et riche en événement et 48 pages sont prévues pour l’instant. Déjà le tome 7 se construit et il est présentement prêt dans l’esprit du couple d’auteurs. Il sera de plus un peu différent des derniers. « On va essayer de revenir un peu plus à la base des Nombrils, d’alléger un peu le récit, mais je sais qu’on va avoir tellement de choses à dire que ça va finir par déborder quand même! »

Même si le récit est découpé en gags d’une page la plupart du temps, certains éléments de l’histoire sont clairs dans la tête des auteurs. Des événements important de la vie des différents personnages sont prévus. « Par exemple, le changement de Karine était un point important par lequel on devait absolument passer. Mais à quel moment ces moment-clés vont arriver, ça ce n’est pas nécessairement clair. »

Être publié dans Spirou

Des deux auteurs, c’est Delaf qui a la plus grande culture BD puisqu’il en a toujours lu. « Il avait gagné un jour un concours de dessin et le prix était un recueil de Spirou, il a alors découvert le magazine », raconte Dubuc. C’est d’ailleurs un album de Spirou et Fantasio qui lui a donné l’envie de faire de la bande dessinée, soit le Réveil du Z de Tome et Janry. Plus précisément, c’est la grande case où Spirou et Fantasio sortent de leur maison pour découvrir qu’ils ne sont plus chez eux qu’il a trouvé fabuleuse et qui l’a marqué. La scénariste, quant à elle ne lisait pas du tout de bande dessinée lorsqu’elle était jeune. « J’ai découvert quand j’ai rencontré Marc (Delaf) en 1995, quand la nouvelle vague commençait à prendre de la place et c’est à ça que j’ai accroché. »
Une adaptation a donc été nécessaire pour la scénariste, qui vient du monde du roman. Elle aime beaucoup plus aller dans la psychologie des personnages alors qu’elle est moins à l’aise avec la partie « gag » du travail. « Delaf a plus une culture BD, donc il travaille plus sur cette fonction-là du gag, de puncher avec une image en toute dernière case alors que moi, c’est plus le récit qui m’intéresse. On se complète! »

Les deux auteurs s’étonnent parfois encore de leur succès et surtout que la rédaction du magazine Spirou aie accepté de les publier. Toutefois, Dubuc pense qu’ils ont eu de la chance, car ils ont pu commencer à développer le projet dans Safarir, un journal de bande dessinée québécois. Lorsqu’ils ont proposé la série au journal de Marcinelle, elle avait déjà pris sa couleur, sa saveur. En revanche, c’est sans véritable espoir qu’ils ont proposé le projet à Dupuis, car ils trouvaient qu’il jurait avec le reste du contenu. « On se disait: est-ce que Les Nombrils et Cauvin peuvent être côte à côte dans le magazine? On a vraiment été étonnés d’avoir la réponse de l’éditeur. Non seulement ils acceptaient, mais ils nous donnaient entière liberté. On a jamais été censurés.» Pourtant, nous le rappelle Dubuc, ils ont beaucoup osé :

© Delaf et Dubuc

© Delaf et Dubuc

Elle et Delaf ont parlé l’intimidation, d’hyper-sexualisation, ont montré une seringue souillée, une mère soûle sous la table et même de la marijuana et ses effets… en quatrième de couverture du magazine! « Des fois on les teste comme ça! On se dit que ça ne va pas passer ou qu’ils vont essayer de le cacher dans le milieu du magazine, mais non. »

Dubuc se rappelle que l’éditeur a surtout été charmé par le fait que Les Nombrils se démarquait justement des autres séries. « il s’est dit : enfin un projet qui n’est pas formaté Spirou! On n’a pas fait un projet pour que ça s’intègre à l’ensemble du magazine nécessairement. »

Si la série est passé d’un lectorat québécois à presque international, la couleurrégionale n’a pas été effacée pour autant. Les personnages parlent dans un français international au lieu d’un langage plus « adolescent » pour rendre la série plus accessible, mais il reste que les auteurs s’inspirent de ce qui se passe autour d’eux et du milieu qu’ils connaissent. C’est ainsi qu’on voit beaucoup de détails au fil des cases qui rappellent le Canada. Par contre, Dubuc précise que la série « ne se passe pas au Québec, ça se passe en Amérique francophone ». Ainsi, plus de place est laissée à l’imagination du lecteur.

Maintenant bien installée dans le journal, Maryse Dubuc termine notre rencontre avec une observation sur la longévité de Spirou. « Je pense que le journal à beaucoup évolué dans les dernières 10 années. Il se modernise beaucoup, je pense que le succès du magazine, le fait qu’il continue à se vendre autant aujourd’hui tient à ça. » Il ne reste qu’à souhaiter au tandem d’auteurs aussi une belle longévité pour Les Nombrils qui a plus que jamais sa place dans le journal de Spirou.

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Article publié sur le forum d’Inedispirou le 23 avril 2013.

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La presse féminine: entre tradition et modernisme

La presse féminine est extrêmement révélatrice de l’époque qu’elle représente. En effet, au fil des ans, les différentes publications sont le reflet de l’évolution de l’image de la femme et de sa place dans la société. Il existe même des études sur le sujet qui se penchent autant sur le côté féministe que social de ce type de presse. Petit survol de leur évolution.

Les premières revues féminines québécoises au début du XXe siècle étaient centrées sur les devoirs de la femme, autrement dit son rôle de mère, d’épouse et de ménagère. Elles portaient des titres comme le Coin du feu, le Foyer ou bien Pour vous Mesdames. Très rapidement, les revues féminines deviennent un vecteur important de la cause féministe en offrant une parole au femmes. On peut en voir les premier balbutiements dans les pages féminines de La revue moderne au tournant des années 1920 qui parlent de plus en plus des droits des femmes et de leur place dans la société. Mais c’est encore très discret.

C’est dans les années 60 que les choses changent vraiment avec une importante rupture idéologique.
La révolution tranquille bat son plein et on voit son effet. Ça commence avec l’arrivée de Châtelaine
en octobre 1960. Dès le premier numéro, le ton est donné: c’est un magazine axé sur l’enrichissement
culturel. On parle d’économie, de politique, d’enjeux sociaux et de la place de la femme dans la vie
sociale. Par contre, nous restons dans les années 60 et le discours tourne encore parfois autour du fait
que c’est la femme qui reste à la maison et s’occupe des enfants, mais le propos est moderne en parlant
par exemple de planning familial ou du marché du travail.

À la fin des années 70, un autre type de presse prend de l’ampleur: les publications contestataires. Les
exemples les plus célèbres sont la Gazette des femmes et La vie en rose, mais il y en a eu un nombre
important dont certaines ont des noms plutôt évocateurs comme Québécoises deboutte! ou Les têtes de pioche. Souvent radicalement féministes, la plupart de ces revues ne passent pas le cap des années 1990, alors que le féminisme connait une baisse de vitesse.

Les revues commerciales n’y échappent pas non plus d’ailleurs. Les conseils pratiques prennent dans la dernière décennie de plus en plus de place au détriment des articles informatifs. Par contre, le nombre de titres offerts ne diminue pas. Entre 1962 et 1987, 76 nouvelles publications apparaissent sur le marché.

Aujourd’hui: choc des générations

L’édition 2011 du Guide médias d’Infopresse dénombre 21 publications s’adressant spécifiquement
à un public féminin. Aujourd’hui, la presse féminine n’a jamais été autant multidimensionnelle et
diversifiée. En effet, toutes les tranches d’âge ont maintenant un magazine: les jeunes femmes, les
adolescentes, les plus âgées. Le contenu est différent selon le public cible, axant sur l’apparence et la
consommation pour les plus jeunes et sur les textes informatifs pour les plus âgées. Cette grande variété dans la presse féminine est peut-être un signe que la femme est plus plurielle que jamais. Par contre, les chercheurs se posent la question si cette presse rempli encore le même rôle qu’elle avait à ses débuts, soit d’être un moyen d’expression et d’information.

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Article paru dans le Reporter Volume XIII, numéro 1, publié en novembre 2011

Le café l’Artère: un nouveau venu sur l’avenue du Parc

Parc Extension est un quartier de Montréal reconnu pour sa grande diversité culturelle qui se remarque par les boutiques et les restaurants. Mais depuis juillet dernier, une nouvelle enseigne bien différente est apparue à deux pas du métro Parc : le café l’Artère; un café pas tout à fait comme les autres. Allons sur place visiter l’endroit et rencontrer les gens passionnés qui y travaillent.

Reportage produit dans le cadre de l’atelier Radio de l’Université de Montréal et diffusé sur les ondes de la première chaîne de Radio-Canada le 18 janvier 2012 à l’émission La nuit qui bat.

*note* La raison du vidéo est que j’utilise la version gratuite de WordPress qui ne me permet pas de publier des fichiers audios. Ne cherchez pas le vidéo sur YouTube, il n’est pas listé donc introuvable sans le lien.

Opération séduction pour la Commission jeunesse Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

La Commission jeunesse Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine était présente sur la Grave vendredi et samedi derniers dans le cadre de leur campagne touristique de recrutement. Cette campagne vise les jeunes touristes en visite dans nos région et qui pourraient potentiellement vouloir s’y installer. « Comme la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine sont des régions touristiques, on a décidé de cibler les jeunes touristes et leur montrer les opportunités de la région », explique Maryève Charland-Lallier, ambassadrice à la commission jeunesse. Cette opération cible autant les jeunes d’ailleurs que ceux originaires des Îles et qui habitent maintenant à l’extérieur.

Le bilan de cette fin de semaine est plutôt positif. « Ce qu’on vise, ce n’est pas tant un grand nombre de personnes, mais la qualité des échanges qu’on avec ces personnes », nous a dit Maryève Charland-Lallier. Elle et Julie Jomphe, agente de migration à l’organisme Place aux Jeunes, ont parlé avec plusieurs personnes intéressées dont un jeune homme parti depuis 13 ans des Îles venu passer une semaine de vacances. Il envisage peut-être maintenant de revenir vivre dans la région.

L’importance des jeunes en région
Cette campagne de « Grande séduction » fait parti d’un projet beaucoup plus vaste: Cap sur l’avenir 2009-2012. Ce programme comprend de nombreux aspects et l’un d’eux est le retour et le recrutement de main d’œuvre qualifiée, le but de l’événement sur la Grave.

La demande de travailleurs dans la région Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine est importante. On prévoit 9200 nouveaux emplois d’ici 2014 qui vont se libérer en raison des départs à la retraite. « Tous les domaines sont touchés. Des employés en administration, comptabilité, ou bien en santé sont un peu plus recherchés que les autres, mais il y a de l’ouverture partout », précise Julie Jomphe.En revanche, ça fait huit ans que le solde migratoire chez les jeunes dans la région de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine est positif et Maryève Charland-Lallier remarque qu’aujourd’hui, les jeunes ont de plus en plus le désir de revenir. Un constat plutôt encourageant pour l’ambassadrice de la Commission jeunesse.

C’était aussi le moment du bilan la semaine dernière pour la Commission jeunesse. La dernière année a été fort occupée et de nombreuses réalisations ont été accomplies. Notons entre autres, une campagne publicitaire sur l’importance d’encourager les jeunes à s’établir dans la région, la mise en place de comités d’accueil pour les nouveaux arrivants et la diffusion d’une étude sur les facteurs de rétention des jeunes dans les régions faite par le centre de recherche sur les milieux insulaires et maritimes (CERMIM)

Les projets ne manquent pas non plus pour la prochaine année. Une campagne visant à détruire les mythes nuisant à l’image de la région, une série de témoignages vidéos et la mise en ligne d’une boîte à outils pour les employeurs font partie des nouveautés annoncées pour 2011-2012. Ce sera aussi la dernière année du projet Cap sur l’avenir qui amènera une évaluation afin d’en connaître les retombées.

Pour plus d’information sur la Commission jeunesse, visitez le http://www.faistesboites.com

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Article paru dans le Radar vol. 42 no. 30 de la semaine du 4 août 2011.

Alfa Rococo: énergie aux Pas Perdus

Le groupe Alfa Rococo a rempli la salle des Pas Perdus d’une belle énergie vendredi soir. Le premier de leurs deux spectacles prévus aux Îles s’est fait devant un public conquis dès les premières notes. À la troisième chanson, le groupe a invité les spectateurs à se lever et à danser. Les refrains accrocheurs du duo ont su en faire bouger plus d’un dans la salle. Une bonne partie d’enter eux ont même réussi à garder leur énergie pour danser jusqu’à la fin. Justine Laberge, David Bussières et leurs quatre musiciens ont été très généreux avec un public, il faut le dire, très réceptif. « Les gens étaient vraiment dedans; ça dansait, ça chantait… On n’a pas beaucoup dormi parce que hier, on était à Woodstock en Beauce, mais c’était une soirée super cool et ça nous a ré-énergisés! » raconte David Bussière, quelques minutes après le spectacle. Même si la salle des Pas Perdus n’était pas pleine, les spectateurs ont, en effet, embarqué à pieds joints dans l’énergie du groupe.

La plupart des chansons provenaient de leur second album Chasser le malheur avec Météore en tête de liste. Les pièces les plus connues de leur précédent opus, Lever l’ancre étaient aussi de la partie. La salle a particulièrement réagit aux premières notes de leur premier succès, Jour de pluie et de l’intense Véga, donnée en rappel à la demande du public. Les chansons se sont enfilées dans un rythme intense avec très peu de pauses entre elles.

Jour de pluie a d’ailleurs été jouée une deuxième fois lors du premier rappel, mais dans une toute autre version. Elle était plus lente, avec un autre type d’instrumentation et les spectateurs ont été sollicités pour chanter le refrain.

À propos de cette fantaisie, Justine raconte que dès leur première tournée, ils aimaient modifier des chansons, les faire évoluer. « On sent que c’est un moment qui est le fun » se rejouit-elle. « on va peut-être finalement se payer le privilège de revisiter des chansons!», ajoute son compagnon.

Pour Alfa Rococo, la place du public dans le déroulement d’un spectacle est capitale. D’ailleurs, David Bussière dit ne pas aimer le mot « spectateur », car un spectateur n’agit pas. Pour lui, lorsqu’on vient à un spectacle, on est plutôt un acteur. « On tâte le pouls du public et on y a va avec ce qui irait le mieux avec son énergie. Ce sont vraiment les gens avec leur énergie qui influencent le cours des choses », ajoute Justine Laberge. Tout au long de la soirée, le groupe prouve ce point en encourageant constamment le public à participer.

En route vers le prochain album

Questionnés sur l’arrivée d’un troisième album, David et Justine expliquent qu’ils sont encore au stade de la gestation. « J’appelle ça le travail passif, contrairement au travail actif qui est la composition, l’écriture. Là, on écoute beaucoup de musique, on emmagasine de l’information » explique David Bussière.

« On est l’affut de sons, d’ambiances. On essaie de visualiser un peu ce qu’on veut faire et de voir où on en est dans notre son », continue Justine Laberge. Pour le moment, ils disent être très intéressés par le travail de Jérôme Minière et ils pourraient peut-être y voir une future influence.

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Article publié dans le Radar de la semaine du 7 juillet 2011