Archives de Catégorie: Bande dessinée

dBD: Le fantôme d’Anya

Fiche technique

Titre Nombre de pages Auteur(s) Éditeur Sortie
Le fantôme d’Anya 224 pages Vera Brosgol (Trad. Fanny Britt) La courte échelle 2012

décidément, j’aime les histoires de fantômes! Après les trois fantômes rencontrés par Rose la dernière fois, voici celui d’Anya. J’avais aussi envie de m’intéresser à de la BD qui s’adresse plus aux jeunes. C’est un album que j’ai vu il y quelques mois alors que je travaillais encore dans une librairie. La couverture m’avait intriguée, je l’avais alors feuilleté et l’avais trouvé intéressant. Je n’ai pu le lire sérieusement que récemment, alors voici ce que j’en ai pensé.

L’histoire

Anya est une adolescente, immigrante russe et obsédée par son poids, ses mauvaises notes et son béguin pour le garçon le plus populaire de l’école. Un jour, en faisant l’école buissonnière, elle tombe par accident dans un puits et rencontre  le fantôme d’Emily, morte au même endroit 93 ans plus tôt. Les jeunes filles, vivant de leur côté chacune une forme de solitude, deviennent amies. Emily aide beaucoup Anya pour améliorer ses notes et devenir plus populaire à l’école. Or, après quelques temps, le fantôme commence à devenir un peu envahissant.

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dBD: Rose

Une fois n’est pas coutume, je vous parle aujourd’hui d’un album qui n’est pas encore sorti. En effet, étant abonnée au journal de Spirou, je peux lire de nombreux albums en prépublication et c’est le cas de cette série. J’ai tellement aimé ma découverte que je voulais la partager ici.

Fiche technique

Titre Nombre de pages Auteur(s) Éditeur Sortie
Rose 48 pages Émilie Alibert, Denis Lapière et Valérie Vernay Dupuis 2017


L’histoire

Le père de Rose Klein a été retrouvé assassiné sur une plage dans une singulière mise en scène. La jeune femme se retrouve à la fois prise avec l’étrange maison de son paternel, qu’on dit hantée, et avec une grande énigme. Pour ne pas arranger les choses, la jeune femme possède un don qu’elle considère comme une « maladie »: Elle peut à tout moment se dédoubler en une version spectrale d’elle même. Elles peut ainsi traverser les murs et observer les gens sans se faire voir. Vient s’ajouter à cela des fantômes, un mauvais sort, des tableaux et une enquête sur laquelle son père détective planchait et qui semble l’avoir mené à sa mort. Son don va tout à coup lui être très utile et elle mener sa propre enquête afin de faire la lumière sur la mort de son père de même que sur sa vie qu’elle connaissait en fait si peu.

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dBDdls Retour vers les classiques: Jerry Spring

Il y a toujours ce classique de la littérature ou du cinéma qu’on n’a pas lu et regardé, même si tout le monde en parle comme étant un incontournable. La même chose existe dans la bande dessinée. Une fois de temps en temps, la dBDdls s’intéressera à un classique que j’ai récemment découvert, malgré le fait qu’il a été dessiné il y a longtemps.

Fiche technique

Titre Nombre de pages Auteur(s) Éditeur Sortie
Jerry Spring, l’intégrale en noir et blanc – tome 1 240 pages Jijé et Rosy Dupuis 2010 (pour la version intégrale)

 

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© Jijé – Dupuis

Jijé, de son vrai nom Joseph Gillain (1914-1980), est un des piliers de la bande dessinée franco-belge. Malgré le fait que je savais cela, je n’avais presque jamais lu de Jijé. Tout ce que je connaissais réellement c’était Blondin et Cirage et que j’avais brièvement vu dans un vieil exemplaire du journal de Spirou qu’on avait à la maison. Alors je me suis reprise grâce à la mode des intégrales que subit la bande dessinée depuis quelques années. Je me suis procuré l’intégrale de Jerry Spring, une série western que Jijé a créé en 1954.

L’histoire

Le tome 1 de l’intégrale reprend les quatre premiers albums de la série: « Golden Creek (Le secret de la mine abandonnée) », « Yucca Ranch », « Lune d’argent » et « Trafic d’armes ». On suit Jerry, son cheval Ruby et son compagnon Mexicain, Pancho, dans des aventures typique des westerns. Il y a des Indiens, des cow-boys, des méchants, des revolvers, des prairies et des cactus. Le scénario est aussi de Jijé, sauf celui de Yucca Ranch qui a été écrit par Maurice Rosy. La particularité de cette intégrale est de nous présenter les albums en noir et blanc, sans la mise en couleur avec laquelle ils ont été initialement édités. Un dossier d’environ 35 pages complète l’intégrale.

Mon avis

Je passe par-dessus la critique de l’album en tant que tel, la réputation de Jijé n’étant plus à faire, c’était un grand bédéiste. Je pourrais résumer en disant que c’est très bon. Les personnages sont bons, les histoires sont bonnes, le dessin est superbe, etc. C’est un western qui est classique, mais qui se lit tout seul et avec grand plaisir. Il y a un autre point important: l’absence de couleur. Est-ce que ça vaut la peine d’acquérir cette intégrale en noir et blanc? Oh. Que. Oui. Jijé doit bien être l’un des dessinateurs qui maîtrise le mieux le noir et blanc que je connaisse. La couverture donne d’ailleurs un bon exemple de toute la maîtrise des ombres et des lumières qu’il a; c’est étonnant tous les détails qu’il parvient à nous transmettre avec seulement de l’encre noire. À mon avis, enlever la couleur, c’est donner de la valeur ajoutée au dessin de Jijé. Si vous avez une affection pour les westerns, vous devez lire ça, je vous garanti un bon moment. Il faut garder bien sûr en tête qu’il s’agit d’une série tout public des années 1950, alors il y a des choses qu’on voit souvent dans les westerns que vous ne verrez pas ici. Finalement, le dossier qui accompagne le dossier est très intéressant et fort bien documenté. Il permet d’en savoir plus sur Jijé, d’avoir une bonne mise en contexte de la création et l’histoire de la série en plus de présenter des documents et dessins inédits. Des additions comme des publicités de l’époque pour le catalogue Dupuis, des couvertures du journal de Spirou et des dessins pleine-pages rendent la lecture encore plus intéressante. C’est véritablement un classique à découvrir et cette intégrale est un bon moyen de le faire.

Et vous, avez-vous lu cet album? Quel est votre avis?

dBDdls: Carnets de bouffe

Fiche technique

Titre Nombre de pages Auteur(s) Éditeur Sortie
Carnets de bouffe 64 pages Cyril Doisneau La Pastèque 2016
Carnets de bouffe - Cyril Doisneau

© Cyril Doisneau – La Pastèque

Tout ce que j’avais vu de Cyril Doisneau était 31 jours de tournage qui relatait le tournage de Paul à Québec. Je n’avais pas beaucoup aimé, ce récit n’avait pas réussi à m’accrocher malgré le sujet intéressant. Mais en voyant Carnets de bouffe sur les tablettes de la librairie, j’ai décidé de lui donner une chance parce que le sujet me semblait très intéressant. J’ai eu bien raison, car j’ai passé un bon moment.

L’histoire

Le livre est un recueil de chroniques à propos des restaurants et de la gastronomie. Cyril nous amène visiter le Pastaga, Rhubarbe, l’auberge de Gargantua, le Magnan, le Pied bleu et le Renard et la chouette. Il y a aussi trois chroniques informatives sur le cochon, l’ortolan et les viandes inusitées mangées lors du siège Prussien de la ville de Paris en 1870. Doisneau nous parle la plupart du temps du fonctionnement des établissements, des personnes qui y travaillent et aussi de son rapport personnel avec les endroit et les produits qu’ils proposent. Il s’agit en fait de le suivre dans ses découvertes.

Mon avis

Même si on est pas passionné de la bouffe ou de la restauration, Carnets de bouffe reste un bon choix, parce que Doisneau n’entre jamais dans les détails techniques. Il s’agit plutôt de découvertes et d’expériences. On a l’impression qu’on découvre avec lui. La manière avec laquelle c’est raconté est naturelle, je dirais, dans le sens où on n’a aucune difficulté à le suivre à travers toutes ces informations. Pour ce qui est du dessin, Doisneau réussit à représenter les lieux avec juste assez de détails pour qu’on puisse parfaitement visualiser l’endroit. Les pleines pages sont aussi très agréable à regarder. Par contre, le manque de couleur pour certaines chroniques est dommage, surtout au moment de présenter des plats et des ingrédients. Toutefois, c’est vraiment un détail et il ne gâche pas tant que ça la lecture, selon moi. J’ai personellement beaucoup aimé les trois petites chroniques qui ne parlent que de nourriture (l’ortolan, le cochon et les viandes bizarres de 1870). Par leur forme différente, c’est un changement de ton intéressant, plus comique.

Ne connaissant pratiquement rien de l’univers de la restauration, j’ai trouvé que Carnets de bouffe est une bonne petite immersion dans ce monde et donne envie d’en savoir plus. Cyril Doisneau nous donne assurément le goût de visiter les endroits dont il nous parle. J’en aurait volontiers pris encore plus!

Et vous, avez-vous lu cet album? Quel est votre avis?

 

dBDdls: Blast t. 1: Grasse Carcasse

Fiche technique

Titre Nombre de pages Auteur(s) Éditeur Sortie
Blast T. 1 Grasse Carcasse 200 pages Manu Larcenet Dargaud 2009

La BD de cette semaine est une demi-découverte je dirais, car je savais déjà qu’elle existait. J’en avais entendu parler lors de sa sortie et un de mes collègues me l’avait chaudement recommandé à plusieurs reprises. Enfin, j’ai pris de temps de m’y plonger. L’auteur, Manu Larcenet, ne m’était pas inconnu et j’avais toujours bien aimé ce qu’il faisait, quoi que je n’ai qu’effleurer sa prolifique bibliographie. Tout ça pour dire que j’ai entamé cette série avec certaines attentes.

L’histoire

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© Manu Larcenet – Dargaud

Polza Mancini est suspecté d’avoir agressé une femme. Il est interrogé par deux policiers qui comptent bien le cuisiner. Or, Polza n’avouera qu’avec ses propres règles, c’est à dire qu’il remontra aux sources de ce crime. Parce qu’on ne peut pas comprendre si on ne passe pas par ce qu’il a vécu. Ce retour en arrière débute à la mort de son père. Peu de temps après l’événement, il décide de tout quitter, de fuguer, de partir vivre à côté de la société en allant vivre dans la forêt. Son but ultime est de rejoindre l’Île de Pâques, du moins, c’est ce qu’il dit.  Il raconte son frère, son père, l’alcool, son obésité, la solitude, le délire. L’histoire est à la fois simple et complexe, car si on ne fait que suivre la fuite de cet homme, on essaie tant bien que mal de le comprendre, de comprendre où il nous mène et, aussi, de démêler le vrai du faux. Ça semble un peu simple et sans intérêt comme histoire résumée ainsi, mais je vous assure que cet album mérite, à mon avis, tous les éloges qu’il a reçus.

Mon avis

Allons-y tout de suite avec le point positif le plus évident: visuellement, c’est un des plus beaux albums que j’ai vu depuis plusieurs années. Il y a des cases où on peut se perdre pendant de longues minutes avant de poursuivre la lecture, sans exagérer. La majorité des illustrations sont en noir et blanc, ou plutôt en nuances de gris. Larcenet utilise alors beaucoup les effets d’ombre et de lumière. Il passe aussi d’un dessin extrêmement simple où le décor disparaît à de pleines pages sublimes représentant l’orée de la forêt. Cet album n’a pas a priori un dessin réaliste, mais certains éléments sont d’un style presque photoréaliste. Par exemple, on se retrouve à un moment face à un grand et magnifique héron qui prend une page lui seul. Ce que Polza voit et admire, on le voit aussi et ça donne lieu a des petites perles de dessin. La seule touche de couleur se retrouve lors du blast du titre, un état particulier d’illumination que recherche Polza. Ce dernier est alors représenté entouré de dessins d’enfants aux couleurs vives. Je ne tenterai pas d’analyser ça, mais il va sans dire que l’utilisation de ces dessins donne beaucoup à réfléchir! Je parle souvent des ambiances dans les albums, une chose bien importante à mon avis dans le récit et là, j’ai rarement vu quelque chose d’aussi réussi à ce niveau. Ce mélange de grands espaces et de huis clos est prenant. Les plans, les regards, les grands moments de silence, tout est bien utilisé parfaitement. On le sent lorsque le personnage principal se sens enfermé, désemparé, euphorique, détendu ou bien lorsqu’il ne ressent rien du tout. Larcenet joue beaucoup aussi avec la disposition et la grandeur des cases qui dépend de l’environnement, de la narration, des événements et de l’atmosphère, ce qui ajoute aussi à l’ambiance.

Pour ce qui est de l’histoire, je me suis retrouvée tout à fait accrochée à ce récit de fuite même si on ne sait pas où l’auteur nous emmène avec ça. Je voulais tant comprendre ce qui a amené Polza à faire ce qu’il a fait, même si on ne sait pas tout à fait ce que c’est. Pourtant, ce personnage n’a pas du tout les caractéristiques d’un être sympathique, mais au fond, on le connaît si peu au départ. Je ne pourrais pas dire autrement que c’est bien raconté et que cette histoire qui semble simple et classique si on se fie au seul résumé nous emmènent dans des lieux insoupçonnés.

Blast se lit d’une traite; ce sont 200 pages qui passent très rapidement. C’est une série de quatre tomes qui compte en tout 800 pages.

Et vous, avez-vous lu cet album? Quel est votre avis?