dBD: Le fantôme d’Anya

Fiche technique

Titre Nombre de pages Auteur(s) Éditeur Sortie
Le fantôme d’Anya 224 pages Vera Brosgol (Trad. Fanny Britt) La courte échelle 2012

décidément, j’aime les histoires de fantômes! Après les trois fantômes rencontrés par Rose la dernière fois, voici celui d’Anya. J’avais aussi envie de m’intéresser à de la BD qui s’adresse plus aux jeunes. C’est un album que j’ai vu il y quelques mois alors que je travaillais encore dans une librairie. La couverture m’avait intriguée, je l’avais alors feuilleté et l’avais trouvé intéressant. Je n’ai pu le lire sérieusement que récemment, alors voici ce que j’en ai pensé.

L’histoire

Anya est une adolescente, immigrante russe et obsédée par son poids, ses mauvaises notes et son béguin pour le garçon le plus populaire de l’école. Un jour, en faisant l’école buissonnière, elle tombe par accident dans un puits et rencontre  le fantôme d’Emily, morte au même endroit 93 ans plus tôt. Les jeunes filles, vivant de leur côté chacune une forme de solitude, deviennent amies. Emily aide beaucoup Anya pour améliorer ses notes et devenir plus populaire à l’école. Or, après quelques temps, le fantôme commence à devenir un peu envahissant.

Mon avis

Cet album offre un agréable mélange bien dosé de réalisme de la vie d’adolescente et de surnaturel avec la présence du fantôme. Anya n’a pas une vie très exceptionnelle et beaucoup de jeunes peuvent s’identifier à elle même s’ils vivent des problèmes différents. Les autres personnages qui forment l’entourage de la jeune fille ont aussi chacun leur intérêt. Pourtant, certain sont très peu présents et ils réussissent quand même à prendre leur place. Le côté surnaturel n’est pas du tout forcé, comme c’est parfois le cas dans certaines fictions pour adolescentes. On se rend compte facilement que le personnage d’Emily prend toute sa profondeur et son importance dans le fait qu’elle est une jeune fille décédée tragiquement.

fantome-danya

©La Courte Échelle/Vera Brosgol

Franchement, je crois que c’est un album parfait pour les adolescents. Peut-être que les filles vont plus accrocher à l’histoire à cause de l’héroïne principale, mais le propos général pourrait s’adresser à tous les jeunes. C’est une livre qui ne sucre pas la réalité; Anya n’a pas peur de mettre des mots parfois durs sur ses problèmes (en se traitant elle-même « d’importée » par exemple ) ou ceux de son entourage. Or, les situations sont réalistes et ne tombent jamais dans le pathos. On est seulement devant une adolescente en plein questionnement qui se retrouve à être l’amie d’un fantôme qui a entrepris de l’aider.

 

Je ne sais pas si c’était une intention de l’auteure, mais on peut facilement faire un parallèle entre Emily et les mauvaises fréquentations que les jeunes peuvent avoir à cet âge-là sans qu’ils ne s’en rendent compte. Ça reste tout de même très subtil bien qu’Anya apprend à la dure à se tenir sur ses gardes à propos de ce qu’elle croit connaître à propos des personnes de son entourage. Aussi, la fin n’est pas trop convenue. On est loin du happy end des films pour adolescents. Anya a appris des choses de son aventure, tout se termine bien pour elle et on a l’impression qu’elle devient une meilleure personne. C’est étrange à dire pour une histoire de fantômes, mais le dénouement est plutôt réaliste alors que tout revient presque à la normale.

Le dessin rappelle un peu dans son trait noir et bien défini et dans ses visages ronds celui de Raina Telgemeier (Souris, Soeurs, Drame, Fantômes) ce qui lui donne un côté très accessible. L’album, en noir et blanc se lit en effet très facilement et rapidement. Ce n’est pas un dessin exceptionnel, mais il livre très bien la marchandise et il correspond très bien au public auquel l’album s’adresse.

Écrit originalement en anglais, la version québécoise est de l’auteure jeunesse Fanny Britt. Il est amusant de voir des petits détails comme un « STM » écrit sur l’autobus de la ville exprès dans sa version québécoise. La traduction est excellente et je suis certaine qu’elle n’a pas tant à envier à la version originale.

Pour mes lecteurs Européens (je sais que vous existez!), cet album a été publié de votre côté de l’atlantique en 2013 chez Alter Comics avec une traduction de Sandra Nydegger. Pour ceux qui seraient intéressés par la version originale, Anya’s ghost a été publié en 2011 chez First Second Books.

Et vous, avez-vous lu cet album? Quel est votre avis?

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Publié le 6 juin 2017, dans Bande dessinée, lecture, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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