Archives Mensuelles: novembre 2016

dBDdls Retour vers les classiques: Jerry Spring

Il y a toujours ce classique de la littérature ou du cinéma qu’on n’a pas lu et regardé, même si tout le monde en parle comme étant un incontournable. La même chose existe dans la bande dessinée. Une fois de temps en temps, la dBDdls s’intéressera à un classique que j’ai récemment découvert, malgré le fait qu’il a été dessiné il y a longtemps.

Fiche technique

Titre Nombre de pages Auteur(s) Éditeur Sortie
Jerry Spring, l’intégrale en noir et blanc – tome 1 240 pages Jijé et Rosy Dupuis 2010 (pour la version intégrale)

 

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© Jijé – Dupuis

Jijé, de son vrai nom Joseph Gillain (1914-1980), est un des piliers de la bande dessinée franco-belge. Malgré le fait que je savais cela, je n’avais presque jamais lu de Jijé. Tout ce que je connaissais réellement c’était Blondin et Cirage et que j’avais brièvement vu dans un vieil exemplaire du journal de Spirou qu’on avait à la maison. Alors je me suis reprise grâce à la mode des intégrales que subit la bande dessinée depuis quelques années. Je me suis procuré l’intégrale de Jerry Spring, une série western que Jijé a créé en 1954.

L’histoire

Le tome 1 de l’intégrale reprend les quatre premiers albums de la série: « Golden Creek (Le secret de la mine abandonnée) », « Yucca Ranch », « Lune d’argent » et « Trafic d’armes ». On suit Jerry, son cheval Ruby et son compagnon Mexicain, Pancho, dans des aventures typique des westerns. Il y a des Indiens, des cow-boys, des méchants, des revolvers, des prairies et des cactus. Le scénario est aussi de Jijé, sauf celui de Yucca Ranch qui a été écrit par Maurice Rosy. La particularité de cette intégrale est de nous présenter les albums en noir et blanc, sans la mise en couleur avec laquelle ils ont été initialement édités. Un dossier d’environ 35 pages complète l’intégrale.

Mon avis

Je passe par-dessus la critique de l’album en tant que tel, la réputation de Jijé n’étant plus à faire, c’était un grand bédéiste. Je pourrais résumer en disant que c’est très bon. Les personnages sont bons, les histoires sont bonnes, le dessin est superbe, etc. C’est un western qui est classique, mais qui se lit tout seul et avec grand plaisir. Il y a un autre point important: l’absence de couleur. Est-ce que ça vaut la peine d’acquérir cette intégrale en noir et blanc? Oh. Que. Oui. Jijé doit bien être l’un des dessinateurs qui maîtrise le mieux le noir et blanc que je connaisse. La couverture donne d’ailleurs un bon exemple de toute la maîtrise des ombres et des lumières qu’il a; c’est étonnant tous les détails qu’il parvient à nous transmettre avec seulement de l’encre noire. À mon avis, enlever la couleur, c’est donner de la valeur ajoutée au dessin de Jijé. Si vous avez une affection pour les westerns, vous devez lire ça, je vous garanti un bon moment. Il faut garder bien sûr en tête qu’il s’agit d’une série tout public des années 1950, alors il y a des choses qu’on voit souvent dans les westerns que vous ne verrez pas ici. Finalement, le dossier qui accompagne le dossier est très intéressant et fort bien documenté. Il permet d’en savoir plus sur Jijé, d’avoir une bonne mise en contexte de la création et l’histoire de la série en plus de présenter des documents et dessins inédits. Des additions comme des publicités de l’époque pour le catalogue Dupuis, des couvertures du journal de Spirou et des dessins pleine-pages rendent la lecture encore plus intéressante. C’est véritablement un classique à découvrir et cette intégrale est un bon moyen de le faire.

Et vous, avez-vous lu cet album? Quel est votre avis?

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dBDdls: Carnets de bouffe

Fiche technique

Titre Nombre de pages Auteur(s) Éditeur Sortie
Carnets de bouffe 64 pages Cyril Doisneau La Pastèque 2016
Carnets de bouffe - Cyril Doisneau

© Cyril Doisneau – La Pastèque

Tout ce que j’avais vu de Cyril Doisneau était 31 jours de tournage qui relatait le tournage de Paul à Québec. Je n’avais pas beaucoup aimé, ce récit n’avait pas réussi à m’accrocher malgré le sujet intéressant. Mais en voyant Carnets de bouffe sur les tablettes de la librairie, j’ai décidé de lui donner une chance parce que le sujet me semblait très intéressant. J’ai eu bien raison, car j’ai passé un bon moment.

L’histoire

Le livre est un recueil de chroniques à propos des restaurants et de la gastronomie. Cyril nous amène visiter le Pastaga, Rhubarbe, l’auberge de Gargantua, le Magnan, le Pied bleu et le Renard et la chouette. Il y a aussi trois chroniques informatives sur le cochon, l’ortolan et les viandes inusitées mangées lors du siège Prussien de la ville de Paris en 1870. Doisneau nous parle la plupart du temps du fonctionnement des établissements, des personnes qui y travaillent et aussi de son rapport personnel avec les endroit et les produits qu’ils proposent. Il s’agit en fait de le suivre dans ses découvertes.

Mon avis

Même si on est pas passionné de la bouffe ou de la restauration, Carnets de bouffe reste un bon choix, parce que Doisneau n’entre jamais dans les détails techniques. Il s’agit plutôt de découvertes et d’expériences. On a l’impression qu’on découvre avec lui. La manière avec laquelle c’est raconté est naturelle, je dirais, dans le sens où on n’a aucune difficulté à le suivre à travers toutes ces informations. Pour ce qui est du dessin, Doisneau réussit à représenter les lieux avec juste assez de détails pour qu’on puisse parfaitement visualiser l’endroit. Les pleines pages sont aussi très agréable à regarder. Par contre, le manque de couleur pour certaines chroniques est dommage, surtout au moment de présenter des plats et des ingrédients. Toutefois, c’est vraiment un détail et il ne gâche pas tant que ça la lecture, selon moi. J’ai personellement beaucoup aimé les trois petites chroniques qui ne parlent que de nourriture (l’ortolan, le cochon et les viandes bizarres de 1870). Par leur forme différente, c’est un changement de ton intéressant, plus comique.

Ne connaissant pratiquement rien de l’univers de la restauration, j’ai trouvé que Carnets de bouffe est une bonne petite immersion dans ce monde et donne envie d’en savoir plus. Cyril Doisneau nous donne assurément le goût de visiter les endroits dont il nous parle. J’en aurait volontiers pris encore plus!

Et vous, avez-vous lu cet album? Quel est votre avis?