Jeux olympiques d’été-4

Saint-Louis 1904

source: wikipedia

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Comme si les gens du CIO n’avait pas appris leur leçon à Paris quatre ans plus tôt, les Jeux de 1904 se déroulent aussi en même temps qu’une exposition universelle. Par contre, cette fois-ci, les Jeux olympiques sont clairement annoncés. On sent tout de même qu’ils ne s’assumment pas complètement. Le plus gros problème des Jeux de Saint-Louis est son emplacement. Une grande partie des athlètes ne peuvent tout simplement pas se déplacer dans cette petite ville américaine ce qui donne pour résultat une grande baisse dans la participation. Il n’y a que 651 athlètes venant de 12 pays qui ont participé. En fait, la plupart des athlètes étaient Américains. Du côté de l’assistance, ce n’est pas plus reluisant; le grand stade est souvent presque vide. Une fois de plus, ces Jeux sont très longs, s’étendant sur plus de quatre mois (juillet à novembre). Ces Jeux ont tout de même des équipements et des installations un peu plus convenables. Finalement, la plus grande nouveauté de ces Jeux est que les couleurs actuelles des médailles sont établies: or, argent et bronze.

Épreuves et athlètes

Départ d'une épreuve de natation. Source: olympic.org

Départ d’une épreuve de natation. Source: olympic.org

La boxe fait son entrée de même que l’haltérophilie, la lutte libre et le décathlon. Les sports farfelus qu’on a pu voir à Paris ont disparu. Un seul nouveau pays entre dans le monde olympique en 1904, mais il s’agit du premier joueur africain: l’Afrique du sud. Le pays comme on le connaît aujourd’hui n’existait pas encore en 1904, il s’agissait plutôt d’un ensemble de colonies. Leur drapeau aux Jeux était d’ailleurs l’Union Jack britannique. Les États-Unis sont les champions des Jeux, mais c’est surtout en raison de leur supériorité numérique. L’écart en est même ridicule: les États-Unis compte 242 titres alors que l’Allemagne, qui est en deuxième place dans le classement, en compte 13. Disons qu’ils sont grandement avantagés. Les grands champions sont aussi Américains. Archie Hahn, surnommé le météore de Milwaukee, a gagné les courses du 60 m, 100 m et 200 m. Le gymnaste George Eyser a, quant à lui, raflé six titres malgré une jambe de bois.

Un événement

Une fois de plus, nous faisons face à un scandale en 1904, mais il est un peu plus sérieux que celui de Paris. Je vous averti, ce n’est pas reluisant. Les organisateurs ont imaginé un petit événement appelé les journées anthropologiques. Cet événement était carrément raciste, n’ayons pas peur des mots. Il mettait en vedette des représentants de peuples « primitifs » et « reculés » (j’utilise ici les mots qui décrivaient l’événement à l’époque) qui montraient des numéros et épreuves physiques traditionnels. Ça se rapprochait beaucoup plus du spectacle de foire que d’une démonstration pédagogique. La plupart de ces représentants venaient en fait de pays d’Asie, d’Afrique et du Moyen-Orient ou étaient Amérindiens. Le pire aspect de ces journées était lorsqu’on demandaient aux « participants » de faire des démonstrations des épreuves olympiques entre eux. Comme ils n’avaient aucun entraînement et avaient évidemment de la difficulté, ils devenaient l’objet d’une farce qui faisait beaucoup rire le public. En fait, les démonstrations traditionnelles intéressaient moins, car le public trouvait cela moins drôle. C’est l’affreuse et triste vérité, selon des témoignages de l’époque. Difficile de voir le moindre soupçon d’esprit olympique dans les journées anthropologiques. Il est rassurant de savoir que, même en 1904, l’événement fit un peu scandale et beaucoup de personnes s’en indignèrent, dont Pierre de Coubertin. C’était une idée douteuse, inhumaine et qui ne sera pas répétée.

Sinon, je triche un peu en vous parlant d’un autre petit événement plus léger. Je ne peux pas passer sous silence la disqualification de l’Américain Fred Lorz au marathon parce qu’il avait fait une partie du trajet en voiture. Comment a-t-il pu croire que personne ne s’en rendrait compte?

Le Canada

Étienne Desmarteau. Source: olympic.org

Étienne Desmarteau. Source: olympic.org

Le Canada était vraisemblablement avantagé géographiquement par rapport aux autres pays. 52 athlètes ont participé aux Jeux, soit 50 de plus que l’édition précédente. La délégation canadienne est arrivée au 4e rang des médailles avec six titres. Un des participants les plus mémorables fut le Montréalais Étienne Desmarteau au lancer du poids. Celui qui était officier de police perdit son emploi pour participer aux Jeux, mais il fut réintégré lors de son retour en champion. On se souviendra qu’à Paris, le champion George Orton accompagnait les athlètes Américains. Pour cette raison, Étienne Desmarteau est, pour plusieurs, le premier champion olympique canadien. Un centre sportif, ainsi quelques autres lieux, portent d’ailleurs aujourd’hui son nom à Montréal. Aussi, l’équipe Mohawk de crosse est la seule équipe olympique exclusivement autochtone que les Jeux aurait connue. La seule source d’information intéressante sur cette équipe que j’ai pu trouver est ici.

Médaillés olympiques Canadiens Saint-Louis 1904
Titre Athlète(s) Sport Épreuve
Or Étienne Desmarteau Athlétisme Lancer du poids 56 lbs-hommes
Or George Lyon Golf Compétition individuelle-hommes
Or Équipe de crosse de Shamrock Crosse  Compétition-hommes
Or Galt F.C. Football Compétition-hommes
Argent Arthur Bailey, Phil Boyd, Thomas Loudon, Donald MacKenzie,
George Reiffenstein, William Rice, George Strange, William Wadsworth, Joseph Wright.
Aviron 8 avec barreur-hommes
Bronze Équipe de crosse Mohawk Indians Crosse Compétition-hommes

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Athènes 1906-Jeux de la décennie

source: wikipedia

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Pour fêter le 10e anniversaire des Jeux olympiques, une édition est organisée en 1906 à Athènes: les Jeux de la décennie. En fait, l’histoire de ces jeux est un peu plus compliquée. Athènes souhaitait de nouveau les Jeux olympiques, mais de Coubertin ne voulait pas, car il préférait en conserver le caractère international, autrement dit, avec des éditions dans des villes différentes à chaque fois. La Grèce n’a pas lâché son bout et finalement, il a été convenu de créer les Jeux intercalaires ou athéniens. Ils auraient lieu à tous les quatre ans entre les Jeux normaux et toujours à Athènes. La première édition tombant au dixième anniversaire des Jeux, le moment ne pouvait pas mieux être choisi. Cependant, cette idée pleine de bonnes intentions restera sans suite. Ces Jeux de 1906 seront les seuls, notamment en raison des troubles politiques que connu la Grèce dans les années suivantes.

Vous trouverez difficilement cette édition intercalaire dans les rétrospectives des Jeux olympiques, car elle n’a pas été reconnue comme officielle par la suite. Pourtant, il s’agit sans doute de la première édition réussie des Jeux olympiques. Tout d’abord, ils ne sont pas inutilement longs, ne s’étendant que du 22 avril au 2 mai. Ils ne font pas non plus partie d’une exposition universelle. Ces Jeux sont bien organisés et s’avèrent être une véritable réussite. 20 pays et 903 athlètes participent à ces Jeux. La nation championne est la France avec 40 médailles dont 15 médailles d’or. Le pays hôte obtient 34 médailles et la troisième place. Le Canada gagne une médaille d’or et une d’argent.  Comme les Jeux, ces médailles ne sont pas reconnues comme étant olympiques.

Malgré leur exclusion du parcours olympique officiel, les Jeux de la décennie ont permis d’ajuster beaucoup de détails pour les éditions futures des Jeux et permettre, sans aucun doute, la réussite des Jeux olympiques en tant qu’événement mondial. Les deux échecs précédents à Paris et à Saint-Louis ne donnaient pas un avenir radieux à cette manifestation sportive. Heureusement, Athènes 1906 a permis de prouver que l’enthousiasme pour l’olympisme était encore vivant. Cette réussite vient sûrement du fait que les Grecs tenaient véritablement à ces Jeux et ils prenaient la chose bien au sérieux. Est-ce que cet enthousiasme saura survivre jusqu’en 1908?


Les informations de cette série proviennent en partie de:
La fabuleuse histoire des Jeux olympiques
, Robert Parienté et Guy Lagorce, éd. Minerva, 2000
L’histoire des Jeux olympique de l’Antiquité à nos jours, The Associated Press et Grolier , éd. Grolier limitée, 1980

olympic.org
wikipedia.org

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Publié le 5 mai 2016, dans histoire, Jeux Olympiques, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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