Archives Mensuelles: novembre 2014

Retour en Gaspésie: le caribou des montagnes

À la suite d’un voyage en Gaspésie à l’été 2013, j’ai décidé de « retourner » aux lieux visités et de pousser un peu plus la réflexion.

On peut voir très clairement le collier.

On peut voir très clairement sur les spécimens observés le collier qui sert à l’étude de la population.

Lorsqu’on visite la Gaspésie pour la première fois, on pense surtout au climat maritime ou aux forêts. Par contre, une chose à laquelle on ne pense pas, c’est la toundra. Pourtant, elle existe bel et bien et mérite d’être visitée.

Une vue du parc de la Gaspésie.

Une vue du parc de la Gaspésie.

Nous allons cette fois-ci dans le parc national de la Gaspésie. Pour s’y rendre on serpente sur les routes de terre dans un paysage à couper le souffle. Les chic-choc se dressent, majestueux, sur notre chemin et, lorsqu’on pratique la randonnée en montagne comme moi, on n’a qu’une envie, c’est de les grimper!

Le paysage nordique du sommet du mont Jacques-Cartier.

Le paysage nordique du sommet du mont Jacques-Cartier.

Le mont Jacques-Cartier ne fait pas officiellement partie des Chic-Choc, mais plutôt des monts McGerrigle, un massif voisin. Il culmine à près de 1270 m d’altitude ce qui en fait le plus haut sommet du Québec méridional. Il ne s’agit pas la montée la plus ardue par contre, la pente est relativement douce. D’autres montagnes plus modestes, comme le mont Albert, sont plus difficiles. Ça prend tout de même une journée entière faire la montée, puis la descente. Lorsqu’on commence à grimper cette petite merveille, on voit devant nos yeux tous les niveaux climatiques du Québec. On démarre dans une belle forêt fournie avec des sources d’eau claire qui jaillissent d’un peu partout, puis plus on monte, plus les arbres se clairsèment. À un moment, on ne voit plus que des épinettes puis, plus rien. L’arrivée à la toundra est assez brusque, à peu près au milieu de la montée. La température baisse aussi considérablement. Les derniers mètres se marcheront sur de la pierre et du lichen exclusivement. C’est un petit morceau d’arctique près de l’océan atlantique.  Et tout en haut, on rencontre le fier habitant de ces sommets: le caribou.

jeunes caribous

De jeunes caribous se nourrissant sur une crête de la montagne.

Présent dans les Chic-Chocs et les monts McGerrigle, le caribou gaspésien n’est pas légion. Il est même menacé.

En 2010, la situation était très préoccupante. Le caribou de la Gaspésie est un attrait touristique de taille dans le parc et les touristes remarquaient ces dernières années qu’il était de plus en plus difficile d’en observer. Un article du site web spécialisé en plain air Espaces datant de mai 2010 indique que  » le troupeau gaspésien, qui comptait un millier de bêtes dans les années 50, n’en a plus que 200. Les caribous de la Gaspésie sont aujourd’hui les derniers représentants de leur espèce au sud du fleuve Saint-Laurent. »(1) En 2012, le troupeau était évalué a 85 bêtes. Le caribou de la Gaspésie est un spécimen unique au Canada qui ne doit pas être comparé aux populations du nord.

Heureusement des mesures ont été prises. Un plan a été mis en place par la Société de la faune et des parcs du Québec: Plan de rétablissement du caribou de la Gaspésie 2002-2012. L’aspect le plus important de ce plan est le contrôle des prédateurs. Les faons sont en effet une proie très facile pour les ours et les coyotes, très présents dans la région. Comme la reproduction est limitée, la survie des faons a un impact considérable sur l’état de l’espère même à court terme. Aussi la présence des humains peut être problématique. Les sommets sont dénudés et offrent donc très peu de protection. Lorsqu’on va visiter les caribous, il faut aussi se rendre compte que notre seule présence les dérange. Alors, il ne faut pas en abuser en voulant les approcher. En effet, lorsqu’il se croient en présence d’un danger, ils s’immobilisent et cessent toute activité dont celle de manger. Or, pour eux, chaque minute compte pour acquérir la nourriture suffisante afin de passer hiver qui arrive très rapidement à cette altitude. Ce plan implique aussi, bien entendu, la protection de l’habitat très fragile du caribou. Aussi, comme le lichen arboricole est un élément de base de l’alimentation du caribou, les interventions forestières ont dû être plus réglementées.

caribous au repos

Quand ils ne cherchent pas leur nourriture, ces cervidés prennent un peu de repos.

Depuis mai 2013, la population est de plus surveillée par une équipe de l’Université du Québec à Rimouski et les observations furent très positives. En effet, le nombre de faons avait atteint 19, seulement sur les mont McGerrigle, un nombre bien plus élevé que les années précédentes. Durant ce même été, les prédateurs était pratiquement disparus des aires de reproduction.

Il y a donc bon espoir de voir encore ces beaux animaux sur les sommets encore longtemps, même si chaque année, leur survie est remise en question.

 

Liens que j’ai utilisés et d’autres intéressants pour en savoir un peu plus:

http://www.espaces.ca/categorie/actualites/reportages/article/156-gaspesie-le-dernier-des-caribous

http://www.mffp.gouv.qc.ca/publications/faune/plan_reta_car_gaspesie.pdf

http://www.sepaq.com/parcs-quebec/blogue/article.dot?id=7d7f807f-22c0-43e5-962a-a62e4ba7c456

http://ici.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2014/09/17/006-gaspesie-hybrides-coyotes.shtml

http://www.sepaq.com/dotAsset/46893.pdf

http://www.provancher.qc.ca/upload/file/NatCan%20133_3%20p%206-14.pdf

(1) Gaspésie: le dernier des caribous par Gabriel Bélant. http://www.espaces.ca/categorie/actualites/reportages/article/156-gaspesie-le-dernier-des-caribous

Toutes les photos sont de Catherine Dallaire avec qui j’ai fait mon voyage. Je vous encourage à cliquer dessus pour les apprécier dans un plus grand format.

Note: Le titre n’est qu’une figure de style puisque le véritable nom de ce robuste animal est le caribou des bois.

Publicités

La fermeture du costumier de Radio-Canada: réactions

Il y a quelques jours, on annonçait la fermeture prochaine du costumier de Radio-Canada. Avec ses 90 000 costumes, il est le plus grand en Amérique du Nord et il fournit non seulement les différentes chaînes de télévision, mais aussi les troupes de théâtre et beaucoup d’autres personnes qui ont besoin de costumes spécifiques et d’époque. Parmi tous ces costumes, il y en a quelques uns qui font aussi partie du patrimoine culturel québécois. Donc, non seulement c’est tout un héritage culturel qui est en jeu, mais aussi une banque inestimable de costumes pour une foule de clients. Tout le monde le sait maintenant, cette nouvelle a soulevé une grande vague de protestations et il y a même une pétition en ligne pour sauver l’institution. Dans les médias aussi ça discute et de nombreux chroniqueurs, journalistes, blogueurs et comédiens sont allés de leur point de vue. En voici un petit compte rendu si vous souhaitez rester au courant.

Tout d’abord, le maintenant célèbre coup de gueule de Dave Ouellet à l’émission C’est juste de la TV

Huffington Post Québec propose une visite du costumier avec une ex-employée. Ce n’est pas très long et très intéressant.

http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/10/31/costumier-radio-canada-visite-guidee-ex-employee-video_n_6082186.html

 

Différents commentaires de Nathalie Petrowski de La Presse, Sylvain Ménard de Métro, Michel Therrien du Soleil, Joseph Elfassi de Voir et Rosalie Dumais-Beaulieu de Ton Petit Look. Oui, c’est très varié, tout le monde s’intéresse décidément au sujet.

http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/nathalie-petrowski/201411/04/01-4815584-le-symbole-sous-le-costume.php

http://journalmetro.com/opinions/sylvain-menard/595363/mandibule-bedondaine-paillasson/

http://blogues.lapresse.ca/therrien/2014/10/31/radio-canada-sacrifie-ses-tresors/

http://voir.ca/nouvelles/actualite-societe/2014/10/31/a-lhalloween-on-apprend-que-le-costumier-de-radio-canada-va-disparaitre/

http://www.tonpetitlook.com/fr/2014/11/03/dit-non-la-fermeture-du-costumier-de-radio-canada

Quelques réactions à travers un article de la Voix de l’Est.

http://www.lapresse.ca/la-voix-de-lest/arts-spectacles/201411/05/01-4815898-fermeture-du-costumier-radio-canada-est-vraiment-en-train-de-mourir-louisette-dussault.php

Une publicité de l’émission En mode Salvail rend aussi un petit hommage à sa manière.

 

Finalement, une discussion très instructive sur l’utilité du costumier à l’émission Médium large avec Suzanne Harel, Jean-René Dufort et Diane Lavoie.

http://ici.radio-canada.ca/emissions/medium_large/2014-2015/chronique.asp?idChronique=354105

Tout le monde n’est pas du même avis par contre. Dans une chronique du Journal de Montréal du 4 novembre dernier et qui n’est pas disponible sur Internet, Guy Fournier est d’accord avec cette fermeture en disant qu’il est mieux de mettre l’argent à la bonne place dans la sauvegarde de Radio-Canada. À défaut de pouvoir vous proposer l’article complet, en voici quelques extraits qui montrent en gros les arguments de M. Fournier.

«Je m’interroge […] sur la vision nébuleuse [du PDG de Radio-Canada], qui semble toujours répéter une leçon mal assimilée. De là à faire un drame de la fermeture du costumier et d’y voir le commencement de la fin de la télé publique, il y a un pas que je refuse de franchir.»

«Comme presque toutes les productions proviennent des indépendants, il n’y a pas de raison de conserver un costumier de cette envergure. Il était devenu beaucoup plus utile pour autrui que pour Radio-Canada»

«C’est aussi un secret de polichinelle que plusieurs producteurs ont laissé d’importantes ardoises au costumier de la SRC ou demandé et obtenu des prix ridicules, moyennant d’autres considérations»

«Cessons de pleurer sur les milliers de fringues insignifiantes de la SRC dont même le Village des Valeurs ne saurait que faire et défendons le diffuseur public pour les bonnes raisons.»

 

Les réactions continuent de se faire entendre montrant que cette histoire est loin d’être terminée.