Archives Mensuelles: mai 2014

Voyage dans le monde du cosplay 2: d’où ça vient?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, continuons notre voyage avec un peu d’histoire. Bien que le cosplay soit associé

Forrest J Ackerman avec une partie de sa collection. (source: wikipedia)

Forrest J Ackerman avec une partie de sa collection. (source: wikipedia)

souvent au Japon, ce phénomène est né aux États-Unis. L’engouement pour la choses débuta avec les fans de Star Trek et de Star Wars qui ont commencé à personnifier leurs personnages préférés  dans les années 1970, surtout lors des premières des films. Les concours de costume (ou mascarades) ont aussi été créés à cette époque. Mais les premiers exemples de costumade remontent au début du XXe siècle et semblent avoir toujours été associés à la science fiction. Le premier cosplayer qu’on peut retracer a sévit en 1939 à la World Science Fiction Convention, la plus ancienne convention du genre. Il s’agit de Forrest J Ackerman qu’on peut considérer comme le pionnier en la matière. Grand fan et collectionneur de tout ce qui touche la science fiction depuis les années 1920, Ackerman (1916-2008) avait porté en 1939 un costume d’homme du futur qui projetait des étincelles. Les super héros des comics américains ont aussi été une inspiration de costumes dès les premiers temps.

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Takahashi Nobuyuki, celui qui amena le cosplay au Japon. (source: imdb.com)

En 1984, Takahashi Nobuyuki (aussi connu sous le nom Nov Takahashi) part aux États-Unis pour assister une convention de science-fiction et remarque cette habitude des fans de se déguiser. De retour au Japon, il rend compte du phénomène et encourage ses compatriotes à le faire lors des conventions de mangas et d’animes. C’est Takahashi qui trouva le terme « cosplay », car « mascarade » était trop ardu à traduire en japonais. M Takahashi a eu une très bonne idée, car le Japon est devenu un maître dans l’art du cosplay. On n’a qu’à regarder des images de conventions japonaises pour se rendre compte du nombre, de la qualité et de la diversité des costumes. Au fil des ans, c’est un pays qui est devenu très influent dans ce domaine. La grande particularité du cosplay japonais, c’est que les amateurs n’attendent pas les conventions pour pratiquer leur passe-temps. Il existe d’autre lieux de rassemblement où les cosplayeurs peuvent se rencontrer durant toute l’année. Nous n’avons qu’à penser au quartier Harajuku à Tokyo où le cosplay en public est très populaire. Il y a aussi d’autre petites différences entre les cosplays japonais et occidental, mais nous ne nous étendrons pas sur ce sujet, puisqu’on se concentre ici sur la costumade tel qu’on la vit en Amérique du Nord.

Aujourd’hui, le cosplay est populaire partout dans le monde, des Amériques au Japon en passant par l’Europe et l’Australie. La prochaine fois, nous verrons plus spécifiquement en quoi on peut se déguiser.

Les infos de cet article proviennent de ces deux sites (en anglais):

 http://muse.jhu.edu/journals/mec/summary/v001/1.winge.html

http://www.strangelandcostumes.com/history.html

 

Suivi de mon costume

J’ai acheté ma perruque. Ça va lentement mais sûrement!

source: epiccosplay.com

source: epiccosplay.com

 

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Éducation: des conflits d’un océan à l’autre

Ces temps-ci, l’éducation n’est pas à son meilleur au Québec. Un article récent du journal Le Soleil nous apprend que le Ministère de l’Éducation baissera de nouveau ses exigences pour les corrections des examens du Ministère. En français comme en mathématiques, il sera désormais beaucoup plus facile pour les élèves d’avoir de bonnes notes. Les enseignants ne sont pas tout à fait d’accord avec ces nouvelles exigences. «Ça n’a pas de sens! Les critères de correction diminuent d’année en année, on baisse les exigences», a réagit l’une d’entre elle, selon l’article. Les réactions sont donc nombreuses du côté des enseignants qui déplorent ce nivellement par le bas.

Lire l’article de Daphné Dion-Viens

 

Or le Québec n’est pas la seule province canadienne a connaître des problèmes avec son système d’éducation. Kelly McParland du National Post décrit trois autres provinces aux prises avec de sérieux conflits. Il s’agit d’un billet et Mme McParland énonce clairement son opinion. Néanmoins, elle dresse un tableau inquiétant de l’éducation au Canada.

Colombie-Britannique

Le gouvernement libéral de la province a menacé les enseignants qui ne voulaient pas accepter leur nouveau contrat de travail de 10 ans de diminuer leur salaire de 5%. Évidemment, les enseignants ont poursuivi le gouvernement, car cette mesure semblait totalement anticonstitutionnelle. Les enseignant ont sans surprise remporté le procès à deux reprises puisque le gouvernement avait répliqué à la suite de la première poursuite. Le gouvernement jette maintenant le blâme sur les enseignants puisque à causes de ces poursuites, la province a perdu des millions en fonds publics. Comme si tout cela n’était pas assez, après d’autres provocations du premier ministre de la province, les enseignants commenceront une grève tournante la semaine prochaine.

Alberta 

400 délégués de l’Association des enseignants de l’Aberta ont voté unanimement qu’ils avaient perdu confiance envers le ministre de l’éducation, Jeff Johnson. La raison de cette levée de boucliers? Un nouvelle initiative du Ministère de l’Éducation suggère une évaluation des enseignants à tous les 5 ans. Si un enseignants échoue cette évaluation, il se voit retirer son brevet d’enseignement. De l’autre côté, cette même initiative permettrait à des professionnels de différents milieu de pouvoir enseigner sans formation en éducation. Les enseignants se sont senti attaqués directement par ces mesures. De plus, le curriculum scolaire vient d’être  réécrit et le nouveau programme basé sur le « discovery learnig » révolte de nombreux enseignants qui y voient un déclin futur au niveau de l’apprentissage. Cette réaction ressemble un peu à ce qu’on a connu ici avec l’instauration du programme de l’enseignement par compétences.

Ontario

Chez nos voisins Ontariens, les relations ne sont pas plus belles entre le gouvernement et les enseignants. L’histoire est cependant un peu plus compliquée. Tout d’abord, en pleine campagne électorale, le chef du parti Conservateur Tim Hudak promet d’augmenter la taille des classes, de couper dans le personnel de soutient et d’éliminer les hausses de salaire des éducateurs à la petite enfance. Entre autres choses. Rien pour s’attirer la sympathie des enseignants, mais avec ces mesures, il promet de grandes économies pour la province. Le problème est que ça ne va déjà pas bien pour les enseignants. Leur salaire est gelé depuis plusieurs années et le gouvernement libéral de Dalton McGuinty avait fait passer une loi interdisant la grève et imposant les nouveaux contrats. Les choses ne se sont pas améliorées sous le mandat de Kathleen Wynne. Pour résumer la situation, la bureaucratie est extrêmement lourde et le milieu est de plus en plus politisé. Les enseignants ne sont plus capable de se concentrer sur leur classe et leur travail tant ils sont confrontés aux incessantes demandes venant de toutes parts: parents, commissions scolaires, administrateurs, bureaucrates, etc. La situation est très tendue dans cette province; les syndicats et le gouvernement ne semblent avoir aucun espoir d’entente et les élèves ne sont jamais dans l’équation, seulement le bénéfice.

Lire le billet de Kelly McParland pour tous les détails de ces différentes situations.

Nous avons donc ici l’exemple triste de quatre provinces où les enseignants et le Ministère de l’Éducation ne sont pas du tout sur la même longueur d’onde. Je me permets ici de reproduire la conlusion à mon avis très juste de l’article. « It’s likely to continue as long as Canadians remain convinced they know more about education than the educators and support politicians who see teachers and their unions as a rich field for reaping votes« . Autrement dit, cessons de voir l’éducation seulement comme un enjeu politique et faisons confiance aux enseignants. Après tout, ce sont eux les experts en éducation.

Voyage dans le monde du cosplay 1: qu’est-ce que c’est?

Otakuthon_logoL’été prochain, j’accompagnerai une amie à une convention d’animation japonaise à Montréal (l’Otakuthon pour ne pas le nommer) et j’ai décidé de le faire à fond. En effet, je ferai du cosplay, c’est à dire que je vais me déguiser en un personnage de série télé, de film, de bande dessinée ou de jeux vidéo. Ce sera une occasion pour moi de m’immiscer dans ce monde mystérieux que je vais découvrir avec vous tous.

En fait, le déguisement et le cosplay ne sont pas tout à fait la même chose, car un bon cosplayeur devient  le personnage. Il ne s’agit donc pas seulement de porter le costume, mais aussi de l’incarner, imiter le caractère, les mouvements, etc. Seulement se déguiser en Superman à Halloween ne peut donc pas vraiment être considéré comme étant du cosplay. Or, tout cela peut être pris à différent niveaux. Il y a en effet des amateurs qui prennent la choses plus au sérieux que d’autres. Voici, pour ceux qui veulent en savoir plus, un article qui établi la différence entre déguisement et cosplaying.

Le cosplay se déroule surtout lors des conventions et congrès de science-fiction, de comics américains ou d’animation japonaise. Il existe beaucoup de ces conventions dans le monde; au Canada seulement, il y en plus d’une trentaine. Au Québec, les plus connues restent le Comicon et l’Otakuthon à Montréal ainsi que le GeekFest à Québec. Ces événements sont une occasion pour tous les adeptes de cosplay de se réunir ensemble et de participer à des compétitions.

La jeune cosplayeuse Monika Lee avec son costume de Rogue de la série animée X-Men.

La jeune cosplayeuse américaine Monika Lee avec son costume de Rogue (X-Men).

Le terme en tant que tel est une combinaison des mots costume et playing et il  trouve son origine au Japon. C’est un pays qui excelle d’ailleurs dans ce domaine. Il y a plusieurs niveaux au cosplay. Certains fans achètent leur costumes déjà tout fait, d’autres le font en partie (ce sera mon cas) et d’autres, plus acharnés, font tout de A à Z y compris les perruques et les articles en cuir et en métal. Pour arriver à ce niveau, il faut évidemment investir beaucoup de temps et d’argent en plus d’être très habile de ses mains. De plus, on peut se déguiser seulement pour le plaisir, mais on peut aussi, comme je l’ai mentionné plus haut, participer à des compétitions et gagner des prix très intéressants en argent. Hé oui, le cosplay peut être très sérieux et devenir une source de revenu!

En plus de la science fiction et des comics américains, les costumes sont  inspirés de jeux vidéos, de mangas, d’animation japonaise et même de films en général. Il n’est pas rare, par exemple, de croiser des personnages de Disney lors des conventions.  Bref, peu importe de quoi vous êtes fan, vous pouvez vous déguiser en n’importe quoi. Parmi les costumes les plus populaire, on peut retrouver Batman, Superman, Wonderwoman, les Ghostbusters, Mario, Luigi ainsi que les personnages de Star Wars. C’est presque impossible d’aller à une convention sans y croiser Darth Vader.

Le cosplay n’est pas seulement un passe-temps; c’est devenu un véritable phénomène social. Nous reviendrons sur ce point plus tard, mais il faut comprendre que c’est carrément un mode de vie pour certains.

En terminant, l’Office québécois de la langue française a trouvé un terme français pour cosplay: costumade. La définition que l’oqlf en fait est d’ailleurs très juste. C’est très bien de pouvoir en parler en français, mais je vais quand même  utiliser les deux termes en alternance, car celui en anglais reste le plus connu.

La prochaine fois, nous verrons l’historique de la costumade, un phénomène beaucoup plus ancien qu’il n’y parait.

 
Suivi de mon costume
Je ne vous dit pas encore quel sera mon costume, je garde la surprise. Je peux vous dire par contre qu’il contient: une jupe, une blouse, deux nœuds, une perruque et quelques fioritures. J’ai trouvé les méthodes ou les patrons pour tout fabriquer, excepté la blouse (et la perruque bien entendu!). Pour l’instant, j’ai fait un nœud. Il faut bien commencer quelque part!

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Musique de jeux vidéos: pourquoi on écarte les musiciens d’ici

Ce n’est pas nouveau, l’industrie du jeu vidéo est devenue assez importante au Québec, tant du côté des indépendants que des grosses boîtes étrangères. Ces studios québécois amènent bien entendu des créateurs québécois et cela touche aussi la musique de ces jeux. Or, un article paru dans La Presse le 8 mai dernier soulève le fait que, même si les compositeurs de musique de jeux vidéos (et aussi de films apprend-on) sont québécois, les orchestres qui l’interprètent sont étrangers. En fait, ils sont surtout situés en Europe de l’est. Pourquoi? Tout d’abord parce que ça coûte moins cher. Ensuite, parce que les orchestres de ces pays ont un tel niveau d’expérience dans l’enregistrement de ce style de musique qu’ils offrent des services clés en main, des services qui facilitent beaucoup les choses pour les studios. Pourtant, nous avons le talent et les ressources chez nous. En plus de dresser un portrait intéressant d’une situation méconnue, l’article présente aussi quatre idées de solutions proposées par la Guilde des musiciens. Un papier intéressant pour ceux qui s’intéressent au monde des trames sonores, mais aussi de la musique en général.

L’article ici.

 

Le même jour, une réponse de Samuel Laflamme, un compositeur québécois de musique de jeux vidéos, a été rassurante précisant qu’en étant créatif, on pouvait réussir à faire travailler les musiciens québécois. Il apporte un éclairage un peu plus positif sur la situation.

La réponse ici.

 

Voici un extrait de la musique de Cœur de Pirate pour le récent jeu d’Ubisoft Child of light dont la partie orchestrale a été interprétée par l’Orchestre symphonique de Bratislava.