Douce naïveté, amère réalité

Durant les jeux olympiques de Londres en 2012, j’avais écrit ce texte que j’avais destiné au blog ici présent. Pour mille raisons dont la plupart sont sorties de ma mémoire, je ne l’ai pas fait. Maintenant que les jeux de Sochi débutent sous peu, j’ai pensé le ressortir parce que mon état d’esprit par rapport à tout ça n’a pas vraiment changé. Mais il y a une chose qui me rend heureuse à propos de ces jeux : Radio-Canada, TVA et RDS travaillent ensemble et ça, c’est assez rare pour le souligner! Mais soyons sérieux, pour l’instant, ça commence plutôt mal en Russie…  Sur ce, bons jeux quand même!

juillet 2012, en plein dans les jeux olympiques de Londres.

J’ai toujours beaucoup aimé la période des olympiques. Moi qui n’est pas une grande sportive de salon, je peux rester des heures devant des compétitions de plongeon, d’haltérophilie, d’aviron, d’athlétisme et autre combats de judo. Même chose durant les olympiques d’hiver. Parfois, je ne comprends même pas les règles, ni le système de pointage, mais je m’en moque. C’est quand même la seule fois que je peux assister à des compétitions de ces sports. Je trouve ça beau. Ces athlètes ont pour la plupart dépensé énormément d’argent, d’énergie et de temps pour quelques minutes, au mieux quelques heures de présence aux olympiques. Souvent, ils ne gagnent pas leur vie avec leur sport (il y a évidemment des exceptions) et s’il sont là, c’est qu’ils sont passionnés par ce qu’ils font et c’est leur rêve de pouvoir participer aux jeux. On est à mille lieues des salaires du sport professionnel faut-il le rappeler; ce n’est pas une carrière qu’on choisi pour l’argent. J’ai et j’aurai toujours une immense admiration pour ces athlètes.

Je trouve ça beau aussi, car on voit toutes ces nations jouer ensemble. Dans la même arène, ils s’affrontent sur le même niveau avec respect. Enfin, la plupart du temps. C’est magnifique tous ces drapeaux unis, ces athlètes qui se serrent la main, qui reconnaissent l’excellence de leur adversaire. Je suis naïve? Oh que oui, c’est dégoulinant de naïveté, je le concède. Mais c’est essentiel. Présentement, ça ne va pas bien du tout dans le monde, pour faire changement. En fait, ça ne va jamais bien dans le monde. Il y a toujours un endroit depuis les débuts de la civilisation où c’est l’horreur plus que d’habitude. Mais pendant ces quelques jours, je rêve à la trêve olympique, et j’oublie ce qui se passe, pour un moment, dans les pays moins chanceux que le nôtre. J’oublie la tyrannie, la famine, la destruction de patrimoine mondial, l’exploitation des populations, la pollution, le despotisme, les enfants-soldats, les extrémistes de tout poil… J’oublie l’Europe, l’Afrique, l’Asie, l’Océanie et les Amériques… Je ne vois que la Terre, une planète unie qui s’amuse avec une saine compétition, toutes populations confondues et amuse toute le reste du monde par la même occasion. Mais cette naïveté ne dure jamais… Dès que j’éteins la télévision après avoir voyagé de V à RDS pendant une heure, la dure réalité me rattrape. Et c’est bien, il faut être conscient de ce qui se passe dans le monde. Mais, il faut avouer ça fait du bien au moral un instant de s’en échapper avec quelques illusions.

En fait, je mens un peu… Il y a quelques années, j’étais encore cette naïveté faite personne d’un bout à l’autre des jeux. Mais cette année, je suis un peu moins candide et enthousiaste. Tout d’abord, ce printemps très agité de par le monde m’a rendue un peu plus cynique que d’habitude et surtout, on dirait que je vois pour la première fois cette business énorme que sont les jeux olympiques. Et je suis déçue. Je ne veux entendre parler d’argent pendant cette période. Je veux voir des gradins plein aux épreuves de natation, car on a laissé les gens entrer pour presque rien, pour l’amour du sport. Je veux pouvoir voir les anneaux olympiques partout parce que avoir un copyright là-dessus, c’est malsain. Je veux pouvoir revoir sur Internet la cérémonie d’ouverture pendant au moins la durée des jeux, car c’était un spectacle magistral et, surtout, unique que tout le monde doit pouvoir apprécier. Je ne veux pas voir de scandales, de journalistes expulsés de Twitter, de billets qui coûtent un loyer et de Reine qui a l’air de s’en ficher royalement (désolée pour le mauvais jeu de mot, mais il était là, je devais le prendre). Le monde va tellement mal, les olympiques est la seule illusion de paix mondiale qu’on a et ça n’arrive qu’une fois aux deux ans. Alors c’est vraiment bête de la gâcher…

J’espère que cette naïveté va revenir lors des prochains jeux. Où seront-ils déjà? En Russie et au Brésil!? Misère… Si mon cynisme ne va qu’en augmentant, je sens que les prochains jeux olympiques seront pénibles à suivre…

*Merci à J. A.-M. avec qui j’ai eu une petite discussion à ce sujet et qui a fait germer ces idées dans ma tête.*

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Publié le 23 janvier 2014, dans Billet, Humeur, Jeux Olympiques, et tagué . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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