Archives Mensuelles: janvier 2014

Les jeux olympiques d’hiver 3

Lake Placid 1932

1932_Lake_PlacidPour ces troisièmes jeux, on change de continent et de chaîne de montagne par la même occasion. Les premiers jeux sur le sol des États-Unis sont assez particuliers surtout compte tenu du climat économique de l’époque, mais nous y reviendrons. À 19 ans, Sonja Henie est encore championne en patinage artistique pour la troisième année de suite avec des pirouettes impressionnantes et inédites. Les Américains commencent par contre à s’imposer et prennent la tête du classement avec 12 médailles devançant les scandinaves qui n’ont plus le monopole des jeux d’hiver apparemment. Parmi les sport intéressants en démonstration en 1932, la course de traîneaux à chien et le patinage de vitesse féminin. Malheureusement, cette épreuve ne reviendra pas avant de nombreuses années. 

Un événement

Comme quatre ans auparavant, le climat n’était pas du côté des olympiens avec du temps anormalement doux et très peu de neige. Plusieurs épreuves ont dû être reportées. Mais ce qui marque ces jeux, c’est évidemment la grande dépression. En pleine crise économique, les États-Unis ont eut bien du mal à terminer à terme l’organisation des jeux. Les coûts ce sont avérés beaucoup plus élevés que prévus et la vente de billets n’a pas parvenu à les compenser. C’était difficile de lever des fonds, d’autant plus que Lake Placid est une toute petite ville de moins de 4000 habitants. Le président du comité organisateur Godfrey Dewey a même offert un terrain appartenant à sa famille pour limiter les coûts des installations. Le reste du monde étant aussi en difficultés économiques, de nombreux pays hésitent à envoyer des athlètes. Tout est mis en œuvre pour les aider à entrer aux États-Unis : une réduction sur le prix du voyage en bateau, la suppression de la taxe pour les visas et les passeports… certaines équipes se verront même offrir le voyage. En effet, c’est le gouvernement fédéral qui a financé le voyage de l’équipe de hockey allemande. Malgré tous ces efforts, de nombreux pays n’ont envoyé aucun athlètes aux jeux cette année-là et seulement 252 olympiens de 17 pays y ont participé. Pour donner un exemple, la Grande-Bretagne n’a envoyé que quatre athlètes.

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Le Canada

Pour la première fois, le Canada gagne plus qu’une médaille à ces jeux. En plus de l’or au Hockey, les athlètes canadiens ont remporté l’argent en patinage de vitesse 1500 m et le bronze en patinage artistique masculin et dans quatre autres épreuves de patinage de vitesse. Autrement dit, notre force était dans les patins. Par contre, notre victoire au hockey était beaucoup moins flamboyante qu’aux jeux précédents puisqu’il n’y avait que quatre équipes en compétition! En plus du Canada, il y avait les États-Unis, l’Allemagne et la Pologne. Ne pas remporter de médaille aurait été extrêmement décevant. La délégation Canadienne grandi de plus en plus et 42 athlètes se rendent à Lake Placid pour ces jeux. 

Pour d’autres photos et pour voir comment c’était spécial un bobsleigh dans ce temps-là: http://www.olympic.org/photos/lake-placid-1932

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Les jeux olympiques d’hiver 2

Saint-Moritz 1928

Saint-Moritz-1928

 

Pour la seconde édition des jeux olympiques d’hiver, on reste dans les Alpes, mais cette fois-ci, du côté Suisse. Une nouvelle discipline fait son apparition : le skeleton. Ces jeux marquent aussi la première participation du Japon. Le nombre d’athlètes augmente à 464 dont 26 femmes. Au delà de ces changements, ces jeux sont presque une reprise de ceux de Chamonix quatre ans auparavant. Encore une fois, les Norvégiens battent tout le monde au classement final avec 15 médailles. Cependant, le règne des Scandinaves est compromis, car les États-Unis se taillent une place en deuxième position avec six médailles devançant la Suède et la Finlande. Sonja Henie qui, on se souvient, avait 11 ans à Chamonix en a maintenant 15 et elle devient championne olympique pour une première fois. 

Un événement

La température a été un problème durant ces jeux. En effet, il faisait parfois si chaud que certaines épreuves de patin ont dû être disputées à l’intérieur à cause du mauvais temps et d’autres ont dû carrément être annulées à cause de la très mauvaise condition de la glace. La cause est un vent chaud venant de la montagne, le föhn qui fut apparemment assez intense cette année-là. La cérémonie d’ouverture a aussi été marquée par une belle tempête de neige. Mais le plus impressionnant, c’est l’écart de température durant le 50 km de ski de fond. Le mercure au départ de la course marquait 0°C et a monté jusqu’à 25°C à l’arrivée. Des conditions qu’on imagine très difficiles pour les skieurs.

Une autre curiosité de ces jeux: la course de chevaux sur neige! En démonstration, ce sport ne reviendra pas par la suite. source: www.olympic.org

Une autre curiosité de ces jeux: la course de chevaux sur neige! En démonstration, ce sport ne reviendra pas par la suite. source: http://www.olympic.org

Le Canada

Devinez qui a encore gagné l’or au hockey? Hé oui, les Canadiens! Et encore une fois, ce sera la seule médaille du Canada. L’équipe est un peu moins impressionnante qu’à Chamonix, mais compte quand même 38 buts lors du tournoi et n’en accorde aucun. Fait intéressant, l’équipe cette année-là était surtout composée d’anciens universitaires Torontois. C’était une équipe de médecins, d’avocats, d’ingénieurs et il y avait même un journaliste. Et on a gagné l’or quand même. On dira ce qu’on voudra, on a le hockey dans nos gènes au Canada!

Pour plus de photos dont une de l’équipe de hockey canadienne en pleine action: http://www.olympic.org/photos-fr/saint-moritz-1928

Les jeux olympiques d’hiver 1

Malgré le fait que j’ai de plus en plus de mal à croire aux belles valeurs olympiennes (voir ici), ce n’est pas une raison pour ne pas en profiter quand même un peu. Je vous propose ici, à l’occasion des jeux de Sochi, de revenir sur les précédentes éditions des jeux olympiques d’hiver pour voir un peu l’évolution de ces manifestations sportives.

Il existait déjà des épreuves plus hivernales dans le cadres des jeux olympiques, le patinage artistique par exemple. Or, des olympiades spécifiques aux sports d’hivers étaient réclamées. Il y avait déjà les jeux nordiques qui se déroulaient en Suède tous les quatre ans à partir de 1901 (avec une pause durant la guerre). Finalement, ces jeux disparurent au profit des jeux d’hiver organisés par le C.I.O dont la première édition en 1924 s’appelait alors la semaine des sports d’hiver. En 1926, l’appellation jeux olympiques d’hiver fut adoptée. Jusqu’en 1992, les jeux d’hiver se déroulaient la même année que les jeux d’été.

Chamonix 1924

1924chamonixC’est dans la belle région française de Chamonix en plein dans les Alpes que se déroulèrent les premiers jeux olympiques d’hiver de l’histoire. Les choses étaient bien différentes à l’époque. Toutes les épreuve se déroulaient à l’extérieur, les athlètes défilaient avec leur équipement à la cérémonie d’ouverture et la remise de médailles avait lieu à la cérémonie de clôture.

Pour ces premiers jeux, il y avait 16 pays représentés et 258 sportifs étaient présents pour disputer 16 épreuves. Les hommes étaient en beaucoup plus grand nombre avec 247 athlètes et les femmes n’étaient que 11. Mais avouons que pour l’époque, c’est déjà bien qu’elles soient là. L’une d’entre elles est Sonja Henie, une Norvégienne âgée de seulement 11 ans et qui deviendra quelques années plus tard une championne de patinage artistique.

Les grands champions de ces jeux sont les Scandinaves. La Norvège et la Finlande se partagent les deux premières places du classement avec respectivement 17 et 11 médailles. La Suède est un peu plus loin avec deux médailles. Individuellement, c’est la même chose, les plus grands médaillés sont aussi Norvégiens et Finlandais. Le champion est Clas Thunberg, un patineur de vitesse Finlandais, avec cinq médailles (trois d’or, une d’argent et une de bronze).

 

Le stade olympique des jeux de Chamonix

Le stade olympique des jeux de Chamonix en 1924. Source: http://www.olympic.org

Un événement

Beaucoup de choses se sont passées lors des jeux de Chamonix, mais l’histoire la plus intéressante est celle de Anders Haugen un skieur Américain. Il a gagné le bronze lors de l’épreuve de saut à ski, mais en raison d’une erreur de pointage la médaille fut accordée à un autre athlète. Anders Haugen a dû attendre 50 ans pour enfin recevoir la médaille qu’il méritait après que l’erreur fut enfin confirmée. Elle lui a été remise en 1974 par la fille de l’athlète qui l’avait reçu à sa place. Le skieur Américain était alors âgé de 86 ans. Ça, c’est qu’on appelle de la patience.

Le Canada

Pays nordique qui se respecte, le Canada se devait évidemment d’être des jeux olympiques d’hiver dès le début. Mais ce sont des débuts assez tranquilles. Alors tenez-vous bien, le Canada a gagné une seule médaille à Chamonix! Il s’agissait d’une médaille d’or et c’était au hockey, sans grande surprise. Il paraît que ce fut assez écrasant comme victoire d’ailleurs. L’équipe a fait un total de 122 buts et n’en a accordé que trois dans tout le tournoi. Nous fûmes impressionnants parait-il. Ça parait énorme comme nombre de buts, mais il semblerait que le hockey de 1924 soit un peu différent du hockey d’aujourd’hui. Quand on regarde les pointages, ce n’était pas rare que plus d’une dizaine de buts soient comptés par partie. Une partie contre la Suisse a même été gagnée 33 à 0.

En fait, quand on y pense on aurait difficilement pu gagner plus de médailles, car nous n’avions que 12 athlètes présents aux jeux… Si on en enlève les membres de l’équipe de hockey, il y avait seulement un patineur de vitesse et deux patineurs artistique.

Pour plus de photos des jeux de Chamonix et de beaux exemples de la mode vestimentaire de 1924 chez les athlètes, jetez un peu coup d’œil sur le http://www.olympic.org/photos-fr/chamonix-1924

Douce naïveté, amère réalité

Durant les jeux olympiques de Londres en 2012, j’avais écrit ce texte que j’avais destiné au blog ici présent. Pour mille raisons dont la plupart sont sorties de ma mémoire, je ne l’ai pas fait. Maintenant que les jeux de Sochi débutent sous peu, j’ai pensé le ressortir parce que mon état d’esprit par rapport à tout ça n’a pas vraiment changé. Mais il y a une chose qui me rend heureuse à propos de ces jeux : Radio-Canada, TVA et RDS travaillent ensemble et ça, c’est assez rare pour le souligner! Mais soyons sérieux, pour l’instant, ça commence plutôt mal en Russie…  Sur ce, bons jeux quand même!

juillet 2012, en plein dans les jeux olympiques de Londres.

J’ai toujours beaucoup aimé la période des olympiques. Moi qui n’est pas une grande sportive de salon, je peux rester des heures devant des compétitions de plongeon, d’haltérophilie, d’aviron, d’athlétisme et autre combats de judo. Même chose durant les olympiques d’hiver. Parfois, je ne comprends même pas les règles, ni le système de pointage, mais je m’en moque. C’est quand même la seule fois que je peux assister à des compétitions de ces sports. Je trouve ça beau. Ces athlètes ont pour la plupart dépensé énormément d’argent, d’énergie et de temps pour quelques minutes, au mieux quelques heures de présence aux olympiques. Souvent, ils ne gagnent pas leur vie avec leur sport (il y a évidemment des exceptions) et s’il sont là, c’est qu’ils sont passionnés par ce qu’ils font et c’est leur rêve de pouvoir participer aux jeux. On est à mille lieues des salaires du sport professionnel faut-il le rappeler; ce n’est pas une carrière qu’on choisi pour l’argent. J’ai et j’aurai toujours une immense admiration pour ces athlètes.

Je trouve ça beau aussi, car on voit toutes ces nations jouer ensemble. Dans la même arène, ils s’affrontent sur le même niveau avec respect. Enfin, la plupart du temps. C’est magnifique tous ces drapeaux unis, ces athlètes qui se serrent la main, qui reconnaissent l’excellence de leur adversaire. Je suis naïve? Oh que oui, c’est dégoulinant de naïveté, je le concède. Mais c’est essentiel. Présentement, ça ne va pas bien du tout dans le monde, pour faire changement. En fait, ça ne va jamais bien dans le monde. Il y a toujours un endroit depuis les débuts de la civilisation où c’est l’horreur plus que d’habitude. Mais pendant ces quelques jours, je rêve à la trêve olympique, et j’oublie ce qui se passe, pour un moment, dans les pays moins chanceux que le nôtre. J’oublie la tyrannie, la famine, la destruction de patrimoine mondial, l’exploitation des populations, la pollution, le despotisme, les enfants-soldats, les extrémistes de tout poil… J’oublie l’Europe, l’Afrique, l’Asie, l’Océanie et les Amériques… Je ne vois que la Terre, une planète unie qui s’amuse avec une saine compétition, toutes populations confondues et amuse toute le reste du monde par la même occasion. Mais cette naïveté ne dure jamais… Dès que j’éteins la télévision après avoir voyagé de V à RDS pendant une heure, la dure réalité me rattrape. Et c’est bien, il faut être conscient de ce qui se passe dans le monde. Mais, il faut avouer ça fait du bien au moral un instant de s’en échapper avec quelques illusions.

En fait, je mens un peu… Il y a quelques années, j’étais encore cette naïveté faite personne d’un bout à l’autre des jeux. Mais cette année, je suis un peu moins candide et enthousiaste. Tout d’abord, ce printemps très agité de par le monde m’a rendue un peu plus cynique que d’habitude et surtout, on dirait que je vois pour la première fois cette business énorme que sont les jeux olympiques. Et je suis déçue. Je ne veux entendre parler d’argent pendant cette période. Je veux voir des gradins plein aux épreuves de natation, car on a laissé les gens entrer pour presque rien, pour l’amour du sport. Je veux pouvoir voir les anneaux olympiques partout parce que avoir un copyright là-dessus, c’est malsain. Je veux pouvoir revoir sur Internet la cérémonie d’ouverture pendant au moins la durée des jeux, car c’était un spectacle magistral et, surtout, unique que tout le monde doit pouvoir apprécier. Je ne veux pas voir de scandales, de journalistes expulsés de Twitter, de billets qui coûtent un loyer et de Reine qui a l’air de s’en ficher royalement (désolée pour le mauvais jeu de mot, mais il était là, je devais le prendre). Le monde va tellement mal, les olympiques est la seule illusion de paix mondiale qu’on a et ça n’arrive qu’une fois aux deux ans. Alors c’est vraiment bête de la gâcher…

J’espère que cette naïveté va revenir lors des prochains jeux. Où seront-ils déjà? En Russie et au Brésil!? Misère… Si mon cynisme ne va qu’en augmentant, je sens que les prochains jeux olympiques seront pénibles à suivre…

*Merci à J. A.-M. avec qui j’ai eu une petite discussion à ce sujet et qui a fait germer ces idées dans ma tête.*

Retour en Gaspésie: les fous de Bassan

À la suite d’un voyage en Gaspésie l’été dernier, j’ai décidé de « retourner » aux lieux visités et de pousser un peu plus la réflexion.

Une partie de la colonie nichant sur le plateau

Une partie de la colonie nichant sur le plateau

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Une partie de la colonie nichant sur la falaise

Les fous de Bassan en déclin

La colonie de fous de bassan de l’île Bonaventure est présentement la plus grande colonie de fous de Bassan en Amérique du Nord avec plus de 100 000 individus. Elle est aussi un attrait incontournable pour tout voyageur qui passe par Percé. C’est une expérience unique de pouvoir observer de près ces beaux et grands oiseaux qui n’ont comme seul défaut esthétique que leurs cris strident. Vu de la falaise ou vu du plateau, le spectacle est toujours

IMG_1670saisissant.

Par contre, bien qu’elle semble en pleine santé au premier abord, la colonie inquiète beaucoup. Depuis l’an dernier, les fous de Bassan de l’île Bonaventure ont connu un déclin de population important en raison du faible taux de survie des oisillons. En 2012, ce taux était de seulement 8%, autrement dit, seulement 8% atteignaient l’âge de trois mois, alors que le nourrissage du poussin est terminé et qu’il est prêt à voler. La situation est un peu plus rassurante cette année avec un taux survie de 36%, mais il est encore bien en-deçà du taux normal de 75%. Bref, il y a des raisons de s’inquiéter pour le long terme si la population continue à avoir autant de mal à se renouveler.

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Seulement 36% des oisillons ont survécu cette année

Il faut savoir que les fous de Bassan ne peuvent se reproduire qu’à partir de l’âge de 5 ans et les femelles ne pondent qu’un œuf par saison. De plus, un déclin général de la colonie a été observé ces dernières années avec la disparition de 20% des couples nicheurs entre 2009 et 2011.

Les chercheurs proposent quelques hypothèses pour ce déclin. L’une d’entre elles que les oiseaux vont de plus en plus loin pour chercher leur nourriture en raison, entre autres, le changement de comportement du maquereau dans la région de la colonie dû au réchauffement de l’eau. C’est ce qui était arrivé en 2012, croient les chercheurs; les proies étaient devenues inaccessibles et plusieurs individus sont tout simplement morts de faim. Aussi, lorsque la nourriture est difficile d’accès, les deux parents partent laissant ainsi le poussin seul au nid et très vulnérable. Ce comportement inhabituel et très inquiétant a de nouveau été observé cette année.IMG_1677

La marée noire du Golfe du Mexique en 2010 a aussi été très dommageable pour les fous de Bassan puisqu’elle a affecté leur lieu d’hivernage. On en mesure les conséquences encore aujourd’hui.

Heureusement, la situation s’est quand même améliorée cette année malgré un taux de survie qui reste assez faible. Les fous de Bassan vivent normalement plus de vingt ans en moyenne ce qui donne une bonne chance à la colonie de se reprendre si le taux de survie des poussins augmente l’été prochain.

La colonie de fou de Bassan de l’Île Bonaventure reste donc sous surveillance et est étudiée en profondeur pour bien évaluer les problématiques.

Articles à lire pour en savoir un peu plus:

TVA

Radio-Canada 

Le Soleil

La SEPAQ 

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