La presse féminine: entre tradition et modernisme

La presse féminine est extrêmement révélatrice de l’époque qu’elle représente. En effet, au fil des ans, les différentes publications sont le reflet de l’évolution de l’image de la femme et de sa place dans la société. Il existe même des études sur le sujet qui se penchent autant sur le côté féministe que social de ce type de presse. Petit survol de leur évolution.

Les premières revues féminines québécoises au début du XXe siècle étaient centrées sur les devoirs de la femme, autrement dit son rôle de mère, d’épouse et de ménagère. Elles portaient des titres comme le Coin du feu, le Foyer ou bien Pour vous Mesdames. Très rapidement, les revues féminines deviennent un vecteur important de la cause féministe en offrant une parole au femmes. On peut en voir les premier balbutiements dans les pages féminines de La revue moderne au tournant des années 1920 qui parlent de plus en plus des droits des femmes et de leur place dans la société. Mais c’est encore très discret.

C’est dans les années 60 que les choses changent vraiment avec une importante rupture idéologique.
La révolution tranquille bat son plein et on voit son effet. Ça commence avec l’arrivée de Châtelaine
en octobre 1960. Dès le premier numéro, le ton est donné: c’est un magazine axé sur l’enrichissement
culturel. On parle d’économie, de politique, d’enjeux sociaux et de la place de la femme dans la vie
sociale. Par contre, nous restons dans les années 60 et le discours tourne encore parfois autour du fait
que c’est la femme qui reste à la maison et s’occupe des enfants, mais le propos est moderne en parlant
par exemple de planning familial ou du marché du travail.

À la fin des années 70, un autre type de presse prend de l’ampleur: les publications contestataires. Les
exemples les plus célèbres sont la Gazette des femmes et La vie en rose, mais il y en a eu un nombre
important dont certaines ont des noms plutôt évocateurs comme Québécoises deboutte! ou Les têtes de pioche. Souvent radicalement féministes, la plupart de ces revues ne passent pas le cap des années 1990, alors que le féminisme connait une baisse de vitesse.

Les revues commerciales n’y échappent pas non plus d’ailleurs. Les conseils pratiques prennent dans la dernière décennie de plus en plus de place au détriment des articles informatifs. Par contre, le nombre de titres offerts ne diminue pas. Entre 1962 et 1987, 76 nouvelles publications apparaissent sur le marché.

Aujourd’hui: choc des générations

L’édition 2011 du Guide médias d’Infopresse dénombre 21 publications s’adressant spécifiquement
à un public féminin. Aujourd’hui, la presse féminine n’a jamais été autant multidimensionnelle et
diversifiée. En effet, toutes les tranches d’âge ont maintenant un magazine: les jeunes femmes, les
adolescentes, les plus âgées. Le contenu est différent selon le public cible, axant sur l’apparence et la
consommation pour les plus jeunes et sur les textes informatifs pour les plus âgées. Cette grande variété dans la presse féminine est peut-être un signe que la femme est plus plurielle que jamais. Par contre, les chercheurs se posent la question si cette presse rempli encore le même rôle qu’elle avait à ses débuts, soit d’être un moyen d’expression et d’information.

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Article paru dans le Reporter Volume XIII, numéro 1, publié en novembre 2011

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Publié le 8 juin 2012, dans Portfolio, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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