Archives Mensuelles: novembre 2011

ne rien faire

Dany Laferrière présente ces temps-ci son nouvel ouvrage: L’art presque perdu de ne rien faire. Sur le site de Radio-Canada, on peut lire un article qui présente le livre:

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/arts_et_spectacles/2011/11/04/001-dany-laferriere-art-presque-perdu-rien-faire.shtml

C’est un assemblage de plusieurs chroniques qui proposent des réflexions sur toutes sortes de sujets: l’enfance, la mort, le voyage, l’amour et des sujets d’actualité, entre autres. Je n’ai pas encore lu ce livre qui n’est sorti que vendredi dernier, mais je vais sans aucun doute y jeter un œil. J’aime bien Dany Laferrière et le titre de ce bouquin m’a séduite. On dirait un éloge à la réflexion libre de toute contrainte. Une citation dans l’article a particulièrement attiré mon attention:

« L’enjeu de ce livre pour moi, c’est de dire vraiment aux gens que de penser, c’est excitant, c’est amusant. Réfléchir, c’est vraiment un sport, c’est quelque chose d’extrêmement agréable et en même temps, ça nous libère de la bêtise quotidienne. »

Ça me rappelle une anecdote personnelle. J’avais un long voyage en autobus à faire; les piles de mon iPod étaient épuisées et celles de mon cellulaire l’étaient presque, m’empêchant de jouer à des jeux. J’ajoute que je suis incapable de lire ou d’écrire dans un véhicule sans avoir la nausée. Je n’étais pas très enchantée à l’idée de faire une heure d’autobus sans aucune distraction. J’avais pris l’habitude, depuis un bon bout de temps d’avoir l’esprit toujours occupé lors de mes voyages en transport en commun. Quel itinéraire ennuyant en perspective!
Je me suis donc assise près de la fenêtre et je me suis mise à observer. Observer les gens qui passaient, les voitures qu’on croisaient, les maisons particulièrement cossues du quartier que l’autobus traverse. « Tiens, elle, est à vendre… je me demande combien de millions elle coûte. L’architecture est vraiment étrange; je me demande ça date de quelle époque… Tiens, la piste cyclable a été refaite. Je devrais me remettre au vélo… Je me demande il y a combien d’étudiants qui viennent en vélo à l’université. Est-ce qu’il y en a qui y viennent à l’année?  » Toutes ces questions que je ne me serais jamais posées avec du Beatles dans les oreilles ou en fixant l’écran de mon téléphone. Mes réflexions ont dérivé à un point tel que je ne me souviens vraiment plus à quoi j’ai pensé en détails. Un peu comme quand on oublie nos rêves. Et c’est sans doute mieux ainsi. Ça m’a tellement fait du bien de seulement réfléchir pour rien, sans avoir un but précis, seulement pour le plaisir de faire des liens parfois improbables entre des petits détails. Le trajet n’a pas été aussi long que je l’avais appréhendé et je me suis sentie presque reposée en arrivant à la maison.
J’ai pensé à ceci: nous sollicitons tellement notre cerveau à toutes sortes de tâches, je me demande si nous le fatiguons pas un peu. Mais bon, ce n’est qu’une réflexion que je lance comme ça… Elle m’avait furtivement traversé l’esprit, sans prévenir!

Je vous propose aussi un vidéo où l’auteur présente son livre.

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