Bulletin unique: les premières réactions se font entendre

Dès juillet prochain, un nouveau bulletin uniformisé entrera en vigueur dans toutes les écoles primaires et secondaires du Québec. Ce bulletin unique conçu par le Ministère de l’éducation, des loisirs et du sport est prévu pour simplifier la communication aux parents. Selon le Ministère, il sera plus clair, plus concis et il présentera les information essentielles concernant l’élève. Mais ce bulletin comporte aussi un changement majeur. En plus des compétences, les enseignants devront dorénavant évaluer les connaissances de leurs élèves. C’est un changement important qui suscite plusieurs réactions dans les milieux éducatifs des Îles de la Madeleine.

La Commission scolaire des Îles (CSÎ) juge que le retour à l’évaluation des connaissances présente un défi important pour les enseignants. Selon Isabelle Gilbert, directrice des services éducatifs à la CSÎ, beaucoup d’enseignants ne sont pas préparés à ce type d’évaluation, surtout au primaire. « C’est très difficile de bien former les enseignants en deux ou trois mois », déplore Mme Gilbert. L’adaptation du matériel scolaire et les grilles de correction constitue un défie encore plus grand, selon la CSÎ. C’est un processus qui demandera du temps et de l’énergie. « Ce n’est pas facile pour une petite commission scolaire comme nous, alors nous avons demandé de l’aide d’autres commissions scolaires, mais elles sont toutes devant le même problème. »

En revanche, l’outil en soi est plutôt bien reçu à la Commission scolaire. Isabelle Gilbert précise en effet qu’il y a un besoin pour un bulletin uniformisé, entre autres pour faciliter la transition des élèves lorsqu’ils changent d’école.

Mécontentement du côté du syndicat des enseignants

Le Syndicat de travailleurs de l’éducation de l’Est du Québec (STEEQ) a aussi fait connaître son avis sur ce nouveau bulletin. « Pour un bulletin unique, ça prendrait un apprentissage unique. Ce n’est pas le cas présentement » explique Dany Déraspe, enseignant à la Polyvalente des Îles et conseiller de territoire du syndicat. M. Déraspe précise que ce sont les enseignants qui décident de connaissances à évaluer. En conséquence, même si le bulletin est uniformisé, l’évaluation peut être très différente d’un enseignant à l’autre. D’autres irritants majeurs ont été soulevés par le STEEQ. Par exemple, les enseignants devront évaluer plus de matières et de compétences par étape. C’est un changement qui représente un travail plus complexe, surtout pour certains enseignants spécialistes qui ne voient les élèves qu’une fois par semaine.

Le retour de la notation chiffrée

Le Ministère a choisi de revenir à une notation chiffrée plutôt que des lettres et cette initiative fait quant à elle, bien des heureux. « Il y a eu beaucoup de pression de la part des parents pour revenir à des notes », souligne Dany Déraspe. Cette pression a selon lui eu un certain impact sur ce changement de cap du Ministère. La CSÎ applaudit aussi cette décision de laisser tomber la notation en lettres. « Il y avait beaucoup trop d’écart entre les notes. Si on transfère d’un pourcentage à une lettre, il pouvait y avoir huit points d’écart entre un A et un B, par exemple », fait remarquer Isabelle Gilbert.

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Article publié dans Le Radar Vol. 42 No 25, semaine du 30 juin 2011.

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Publié le 30 septembre 2011, dans Portfolio, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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