Archives Mensuelles: septembre 2011

Bulletin unique: les premières réactions se font entendre

Dès juillet prochain, un nouveau bulletin uniformisé entrera en vigueur dans toutes les écoles primaires et secondaires du Québec. Ce bulletin unique conçu par le Ministère de l’éducation, des loisirs et du sport est prévu pour simplifier la communication aux parents. Selon le Ministère, il sera plus clair, plus concis et il présentera les information essentielles concernant l’élève. Mais ce bulletin comporte aussi un changement majeur. En plus des compétences, les enseignants devront dorénavant évaluer les connaissances de leurs élèves. C’est un changement important qui suscite plusieurs réactions dans les milieux éducatifs des Îles de la Madeleine.

La Commission scolaire des Îles (CSÎ) juge que le retour à l’évaluation des connaissances présente un défi important pour les enseignants. Selon Isabelle Gilbert, directrice des services éducatifs à la CSÎ, beaucoup d’enseignants ne sont pas préparés à ce type d’évaluation, surtout au primaire. « C’est très difficile de bien former les enseignants en deux ou trois mois », déplore Mme Gilbert. L’adaptation du matériel scolaire et les grilles de correction constitue un défie encore plus grand, selon la CSÎ. C’est un processus qui demandera du temps et de l’énergie. « Ce n’est pas facile pour une petite commission scolaire comme nous, alors nous avons demandé de l’aide d’autres commissions scolaires, mais elles sont toutes devant le même problème. »

En revanche, l’outil en soi est plutôt bien reçu à la Commission scolaire. Isabelle Gilbert précise en effet qu’il y a un besoin pour un bulletin uniformisé, entre autres pour faciliter la transition des élèves lorsqu’ils changent d’école.

Mécontentement du côté du syndicat des enseignants

Le Syndicat de travailleurs de l’éducation de l’Est du Québec (STEEQ) a aussi fait connaître son avis sur ce nouveau bulletin. « Pour un bulletin unique, ça prendrait un apprentissage unique. Ce n’est pas le cas présentement » explique Dany Déraspe, enseignant à la Polyvalente des Îles et conseiller de territoire du syndicat. M. Déraspe précise que ce sont les enseignants qui décident de connaissances à évaluer. En conséquence, même si le bulletin est uniformisé, l’évaluation peut être très différente d’un enseignant à l’autre. D’autres irritants majeurs ont été soulevés par le STEEQ. Par exemple, les enseignants devront évaluer plus de matières et de compétences par étape. C’est un changement qui représente un travail plus complexe, surtout pour certains enseignants spécialistes qui ne voient les élèves qu’une fois par semaine.

Le retour de la notation chiffrée

Le Ministère a choisi de revenir à une notation chiffrée plutôt que des lettres et cette initiative fait quant à elle, bien des heureux. « Il y a eu beaucoup de pression de la part des parents pour revenir à des notes », souligne Dany Déraspe. Cette pression a selon lui eu un certain impact sur ce changement de cap du Ministère. La CSÎ applaudit aussi cette décision de laisser tomber la notation en lettres. « Il y avait beaucoup trop d’écart entre les notes. Si on transfère d’un pourcentage à une lettre, il pouvait y avoir huit points d’écart entre un A et un B, par exemple », fait remarquer Isabelle Gilbert.

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Article publié dans Le Radar Vol. 42 No 25, semaine du 30 juin 2011.

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Blowin’ in the wind

Les sports aérotractés ont la cote aux Îles. Qu’est-ce que ça mange en hiver, un sport aérotracté? C’est un sport où l’on se déplace grâce au vent, omniprésent et particulièrement puissant dans cette région. Ça inclu donc la voile, mais surtout le kite-surf. Le kite-surf (qu’on peut aussi appeler simplement kite) est très populaire sur l’archipel. Tellement populaire qu’il n’y a pas une mais deux écoles de kite (si ce n’est pas plus). Le principe de ce sport est simple : une planche et une voile, qu’on appelle une aile, aux airs de parachute. Le kitesurfeur bien expérimenté peut alors, grâce à la traction du vent, atteindre des vitesses assez appréciables et faire de jolis sauts sur l’eau. Comme il y a de l’eau partout aux Îles, les endroits pour s’adonner à ce passe-temps populaire ne se comptent plus.

Une course de kite-surf, Havre-aux-Basques

J’ai eu l’occasion d’essayer le kite-surf. Ce n’était qu’une initiation de trois heures sur la terre ferme, mais c’était déjà suffisamment intense! C’est ma logeuse qui m’a donné le tuyau : le 24 juin, une école de kite faisait un spécial : une initiation pour 25 $. Sautant sur l’occasion, nous nous sommes toutes les deux rendues sur le platier, une large et plate étendue de sable près de la plage. L’endroit idéal car nous avons le vent du large et beaucoup d’espace sans avoir à se rendre sur l’eau. Bien entendu, nous ne sommes pas allés sur l’eau. La force de traction de ces voiles est si grand que ça peut devenir très dangereux pour un débutant. Nous étions donc sur terre avec une petite aile de trois mètres d’envergure. Au début, c’est l’instructeur qui tient le kite en nous montrant en gros comment nous devons tenir la barre pour contrôler l’aile. Ça semblait tellement facile quand il le faisait! Il tenait la barre à une main et dirigeait le tout les doigts dans le nez. Alors, j’étais un peu sceptique. Est-ce que c’est vraiment puissant ce truc? On dirait qu’il ne faisait que voler dans les airs et que ça bougeait tout seul. Alors, c’est sans grandes attentes que j’ai pris la barre et swouf! J’avais l’impression d’être dans un épisode des Looney Tunes. Cette espèce de parachute miniature m’a tiré sur je ne sais pas combien de mètres avant que j’arrive à le maîtriser. J’ai eu l’air d’une vraie folle… Ne jamais sous-estimer la force du vent! D’ailleurs, j’aurais dû le savoir, car il m’a déjà ralenti en descendant une côte en vélo. C’est authentique.

Les bras bien droits devant nous en serrant bien fort la barre de contrôle, on essayait des manœuvres de base qui faisaient virevolter gracieusement l’aile dans l’air. Quoique bien souvent, elle retombait violemment par terre. Ça faisait un tel bruit quand ça s’écrasait, que j’avais à chaque fois l’impression qu’une bombe éclatait. Mais après plusieurs tentatives, je commençais à maîtriser drôlement bien la bête. Et j’avoue que le sentiment d’avoir le contrôle parfait sur un bout de toile situé à une dizaine de mètres au-dessus de la tête, c’est quelque chose d’assez grisant. En fait, on a un moment l’impression de contrôler le vent. Même si le vent va dans une seule direction, on peut aller à droite, à gauche et avant, en haut… On se sent soudainement très puissant! J’ai compris pourquoi c’était si populaire, en plus du fait que ça doit donner toute une dose d’adrénaline. En tout cas, ma logeuse a adoré et elle était bien déterminée à prendre des cours et à s’acheter un kite d’entraînement. Moi, je nage comme une roche alors je ne suis pas très à l’aise sur l’eau, donc se sera sans doute ma seule expérience. Je ne le regrette pas du tout. J’ai eu des courbatures pendant deux jours et mérité un superbe coup de soleil sur le visage, mais je n’ai que de bons souvenirs de ces trois heures. Dorénavant, j’apprécie encore plus le spectacle des kitesurfeurs, maintenant que je sais un peu plus en quoi ça consiste.

 

Au bon mot, le bon dico

Malgré les nouvelles ressources électroniques qui s’offrent à nous pour écrire sans fautes, il existe encore des moments où le bon vieux dictionnaire reste très utile. Pour trouver le mot juste ou pour varier son écriture, voici quelques suggestions de dictionnaires à garder près de soi lorsqu’on use de la plume ou du clavier.

Dictionnaire des synonymes et des antonymes

En plus du Petit Robert et du Petit Larousse, qui n’ont plus besoin d’être présentés, il faut bien sûr noter dans les incontournables le dictionnaire des synonymes/antonymes, essentiel pour enrichir convenablement son texte et éviter les redites. Il en existe de nombreuses éditions.

Multidictionnaire

Le Multidictionnaire est peu utilisé à l’extérieur des écoles, mais il est pourtant très pratique. Conçu au Québec, il est idéal pour savoir si le mot qu’on s’apprête à utiliser est un québécisme qui ne voudra pas du tout dire la même chose ailleurs. Il précise aussi les pièges linguistiques à éviter et il comprend certains anglicismes incorrects. (Marie-Eva de Villers, éditions Québec Amérique)

Le Colpron-dictionnaire des anglicismes

Voici un dictionnaire pratique consacré spécifiquement aux anglicismes et aux emprunts directs à l’anglais. Très facile à consulter, il contient seulement les usages incorrects et donne le mot français à utiliser. C’est tout simple, mais c’est un outil qui peut nous en apprendre beaucoup alors que nous sommes encore et toujours entourés d’expressions anglophones. (Denise Boudreault et Constance Forest, éditions Beauchemin-Chenelière éducation)

Le dictionnaire des cooccurrences

Outil d’une aide précieuse lorsqu’on écrit, ce dictionnaire offre des suggestions de verbes et d’adjectifs qui peuvent s’associer avec différents noms. Prenons par exemple le mot « incompétence ». On peut y associer les adjectifs absolue, affligeante, consommée, insigne, manifeste, réelle, flagrante, etc. Très utile pour enrichir son texte, trouver le mot juste et pour aider à débloquer l’inspiration. Si l’original coûte près de 60 $, la version “à l’usage des écoles” est plus allégée mais tout aussi efficace en plus d’être à la moitié du prix. (Jacques Beauchesne et filles, éditions Guérin)

L’anti-fautes

Il entre dans une poche et son principal atout est d’être d’une simplicité incroyable. Il ne renferme aucune définition, mais est axé sur l’orthographe. Il peut donc s’apporter partout. Il est très apprécié quand veut simplement savoir par exemple, si « hémisphère » est masculin ou féminin ou comment s’écrit « trompe-l’oeil » au pluriel. De plus, avec ses 65 000 mots, il en possède 5 000 de plus que le Petit Robert. Son autre avantage: un prix très abordable à moins de 10 $. (collectif, éditions Larousse)

Le dictionnaire inutile… mais pratique

Pour finir sur une petite note légère, ce dictionnaire ne vous aidera pas du tout à améliorer vos textes, mais offrira plutôt un petit moment de détente entre deux séances d’écriture intense. Cet ouvrage offre des définitions savoureuses, parfois cyniques, souvent pleines d’esprit, de plus de 500 mots. Par exemple, à « banlieue », nous retrouvons la définition: « endroit qui vous rejoindra tôt ou tard si vous demeurez assez longtemps à la campagne ». Un journaliste est quand à lui un « historien instantané ». À réfléchir! (Michel Lauzière, éditions Au carré)

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Publié dans le Reporter, Volume XII, numéro 3 d’avril 2011

Récit d’une fascination

Note: Habiter une région comme les Îles de la Madeleine pendant un été marque une personne au fer rouge. Soudainement, on a un autre point de vue sur le monde, une autre manière de vivre… et des souvenirs uniques à partager! Dans le cadre d’un stage en journalisme, j’y ai passé deux mois l’été dernier, deux mois marquants. Je vous propose donc une série de textes intitulée « Une fille aux Îles » qui relatera anecdotes et impressions sur cet archipel étonnant. Le premier texte fait un peu exception aux autres, car il a déjà été écrit, au début de mon séjour. Il raconte en fait mes motivations à accepter ce stage dans un petit hebdomadaire régional. Ce sera donc le seul à ne pas se situer dans les souvenirs, mais bien dans l’anticipation.

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Mon départ pour les Îles de la Madeleine s’est véritablement fait sur un coup de tête. Moi qui la plupart du temps tergiverse des jours entiers avant de prendre une décision importante, dès que j’ai vu cette offre de stage, j’ai tout de suite proposé ma candidature. Ce qui est étrange, c’est que je peux difficilement expliquer pourquoi. Était-ce parce que je rêve depuis longtemps de visiter cette région si exotique aux yeux des Montréalais? Plutôt étais-ce parce que je désirais tenter l’expérience excitante de travailler loin de chez moi? À moins que ce ne soit, tout simplement, mon attrait pour la mer?

Il faut dire que mon amour de l’eau et de la mer remonte à aussi loin que je me souvienne. Petite, j’étais fascinée par l’univers marin; algues et poissons compris. Comme je ne savais pas nager, aller visiter ces mondes sous-marins était l’équivalent d’aller dans l’espace: tout à fait inatteignable.

Peu après mes six ans, la famille a déménagé dans le bas Saint-Laurent et de notre maison, nous avions une vue imbattable sur la grandeur du fleuve. J’avais alors accès à quelque chose qui avant n’existait pour moi que dans les livres et la télévision. J’étais comblée. C’est que dans ma tête de fillette, le fleuve à cet endroit et la mer, c’était la même chose. La même force, le même mystère. J’aimais surtout lorsque nos parent nous emmenaient sur le quai, alors que le vent nous empêchait presque d’avancer tant il était puissant. Malheureusement, nous avons quitté la région pour aller habiter à Montréal. Depuis, je peux difficilement envisager de vivre loin de l’eau, même si ce n’est qu’une petite rivière. Mais évidemment, ce n’est pas pareil. Ce n’est pas la mer.

Quand j’ai reçu cette offre de stage, une foule de souvenirs sont remontés à la surface: des odeurs, des couleurs, des sons. Bien avant l’expérience professionnelle ou les gens que je pourrais rencontrer, je pensais à l’eau et aux bestioles qui l’habitent. Naïvement, je ne rêvais qu’à voir des phoques et à passer des heures à regarder les vagues sur un quai. Alors j’ai sauté sur l’occasion.

Oui, à bien y penser, c’est comme ça que cela a dû se passer. Au lieu de réfléchir, ce sont les émotions qui m’ont fait réagir si rapidement. Tant mieux d’ailleurs, car je ne sais pas si j’aurais pu envisager de partir tout un été si loin de chez moi autrement. J’aurais alors raté quelque chose de grand.

Car en arrivant ici, j’ai réalisé que je n’avais plus mes yeux de fillette. La fascination pour l’eau salée et sauvage ne m’a jamais quittée, mais je vois maintenant plus que ça. En atterrissant sur ces belles îles, j’ai tout de suite remarqué les gens, les collines, les maisons… J’ai découvert un monde riche et lumineux qui allait bien au-delà de l’eau.

Si c’est la mer qui m’a donné envie de venir aux Îles de la Madeleine, c’est tout le reste qui me donne à chaque jour un peu plus le goût d’y rester. Je suis d’autant plus heureuse de faire partie de la vie des Îles, d’y travailler, d’y vivre, le court temps d’un été. Elles sont si… fascinantes!

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Québec annonce 250 000 $ pour la moule bleue

Le ministère de l’agriculture, des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ) vient d’annoncer une aide de plus de 250 000 $ aux éleveurs de moules bleues. Les moulières sont en effet aux prises avec des problèmes de prédation causés par certaines espèces d’oiseaux marins, notamment les canards plongeurs. Des méthodes d’effarouchement doivent donc être mises en place pour repousser les prédateurs. Selon le ministre Pierre Corbeil, cette aide permettra « d’amortir les effets de la prédation de la moule par les canards. »

C’est suite à une rencontre qui réunissait le ministre Corbeil, la ministre des Ressources naturelles et de la Faune Nathalie Normendeau, le député de Gaspé, Georges Memelonet et les entreprises mytilicoles touchées par le problème, que cette décision a été prise. « Notre priorité à court terme est d’appuyer les efforts des entreprises et de nos partenaires de recherche, afin d’atténuer la prédation des canards dans les élevages de moules. Le secteur maricole peut compter sur le soutien de notre gouvernement », soutient le ministre Corbeil par voie de communiqué.

De la somme totale, 135 000 $ seront accordés pour donner un appui pour mettre au point des méthodes d’effarouchement des canards à l’automne 2011. 250 000 $ seront quand à eux prévus pour aider l’ensemble des entreprises aux prises avec ce problème, sans spécifier précisémement de quel type d’aide il s’agit.

Le phénomène est relativement récent et touche spécifiquement six des 26 entreprises mytilicoles en Gaspésie et aux Îles de la Madeleine. L’une d’entre elles, Grande-Entrée Aquaculture, est particulièrement touchée. Elle avait déjà connu un problème semblable en 2009/2010, mais cette année, la situation semble encore plus grave.

Appelé à commenter l’événement, le député provincial des Îles-de-la-Madeleine, Germain Chevarie, a salué la décision du MAPAQ. « Je heureux que le ministre Corbeil aie répondu à cet appel à l’aide. Il faut mettre en place des initiatives.L‘ampleur des dommages est importante et assez unique. Les conséquences touchent non seulement l’approvisionnement en moules, mais surtout la viabilité des entreprises » Le député estime qu’environ une million de livres de moules ne pourront pas être produites cette année à cause de la prédation des oiseaux marins. « C’est extrêmement important de mettre en place des initiatives pour contrer le problème », explique-t-il.

Le député spécifie que c’est en premier lieu avec le regroupement des mariculteurs du Québec que les rencontres seront faites dans le but de trouver des solutions.

Le MAPAQ rappelle que la moule bleue constitue la plus grande partie de la production maricole commerciale du Québec et que les 26 entreprises procuraient lors de la dernière année près de 100 emplois saisonniers et annuels.

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