Archives Mensuelles: août 2011

Non, ce n’est pas Tintin

Beaucoup de jounalistes affirment avoir été inspirés par Tintin dans le choix de leur métier. L’idée de parcourir le monde tout en faisant son travail de reporter est en effet séduisante. Malgré le fait que j’ai lu et relu Tintin dans ma jeunesse avec grand plaisir, jamais il ne m’a donné l’envie de devenir journaliste, tout simplement parce qu’on ne le voit jamais faire son travail! Il m’a donné envie de voyager, ça c’est certain, mais d’écrire dans un journal, non. Malheureusement. Pourtant, ce sont bel et bien des personnages de bande dessinée qui m’ont fait découvrir cette vocation de « reporter ». Deux en particuliers. Laissez-moi vous les présenter.

Elle s’appelle Seccotine.

Seccotine par André Franquin

Seccotine était aussi une marque de colle et c’est ce qu’elle est: un pot de colle. Elle est apparue dans la série Spirou et Fantasio sous la plume du génial Franquin en 1953, une époque où les femmes avaient une place plutôt négligeable en bande dessinée. Elle est journaliste au Moustique, donc concurrente des deux protagonistes de la série. Elle est bougrement fonceuse, n’a peur de rien et est prête à presque tout pour obtenir son scoop. Ses querelles avec Fantasio sont d’ailleurs pièces d’anthologie chez les amateurs de la série. Une femme qui tient tête à un homme avec panache dans les années 50? Absolument. Et c’est une journaliste franchement efficace qui ne lâche pas son bout. Elle n’est pas apparue dans un grand nombre d’albums de la série, mais c’était suffisant pour me faire dire: « wow! Elle a tellement l’air de s’amuser. Ç’a l’air d’un métier passionnant! » Mon premier modèle en journalisme a donc été une blondinette qui se déplace en scooter et qui n’a l’air de rien, mais qui a du chien.

Elle s’appelle Jeanette.

Jeanette Pointu par Marc Wasterlain

Jeanette Pointu a été créée au début des années 1980 par Marc Wasterlain. J’ai voyagé avec elle autant qu’avec Tintin. Elle a couvert des conflit internationaux, a fait le Paris-Dakkar, est allé sur Mars et en Atlantide! Malgré le côté un peu fantaisiste de certaines des histoires, le métier de journaliste était présenté avec plus de réalisme; on voit par exemple les lien qu’il faut tisser avec l’armée et les ONG. On voit aussi que c’est parfois difficile de réussir à interroger certaines personnes. On visite même des camps de préparation où les reporters sont envoyés avant de recevoir leur accréditation pour aller en zone de guerre. Certains albums sont même carrément inspirés de faits réels, comme le conflit en ex-Yougoslavie. Et j’ai appris que c’était un métier cruel. Dans cette série, un caméraman avec qui Jeanette travaille meurt sous des tirs et une scientifique est assassinée. Mais malgré ces côtés sombres, Jeanette réussissait toujours à apporter quelque chose de bien où elle passait et surtout, elle paraissait tellement passionnée par son travail de journaliste.  En revanche, ce qui a fait germé dans mon esprit l’idée que c’est un métier que je pourrais faire, c’est la variété incoryable d’événement que Jeanette couvrait dans ses aventures. Elle a visité des sites archéologiques, des tribus africaines, des pistes de formule 1, et tant d’autres endroits qui semblaient parfois innacessibles. C’était comme si les possiblitiés étaient infinies! Dans la tête une pré-adolescente, ça suffit pour faire naître des rêves.

Comme quoi, la vocation, ça peut venir de vraiment n’importe où, même de personnages de papier. Même si je n’aurai jamais la carrière de Seccotine ou de Jeanette Pointu  je pense que je peux affirmer une chose: j’aime autant ce métier qu’elles semblaient l’aimer dans leurs petites cases.

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Luc de Larochelière en solo: l’éloge de la simplicité

Luc de Larochellière était de passage la semaine dernière aux Îles pour nous offrir son nouveau spectacle solo qu’il promène un peu partout ces temps-ci. C’est avec comme seul accessoire une chaise et comme seuls instruments une guitare et un ukulélé qu’il est monté sur la scène du Vieux Treuil mardi et mercredi derniers. La dernière fois qu’il était monté seul sur une scène remonte à sa première tournée de la fin des années 1980. On peut souhaiter que l’auteur-compositeur-interprète renouvelle l’expérience plus souvent, car ce spectacle était un délice du début à la fin. L’ambiance était chaleureuse et intime, comme si l’artiste chantait dans notre salon.

Tout à fait à l’aise seul sur la scène, Luc de Larochellière, a su créer une proximité, une intimité même, avec le public. Il a débuté le spectacle au ukulélé avec deux grand succès: Cash City et Six pieds sur Terre, au grand plaisir de tous. Il s’est ensuite assis avec sa guitare et a entamé en entier et en ordre son dernier album Un toi dans ma tête. Cette structure du spectacle vient en partie du fait qu’il a voulu rendre justice a cet album qui est pour lui unique dans sa carrière. «Au lieu de chanter une chanson, je chante un album. En plus, on s’est tellement cassé la tête a trouver un ordre pour les chansons sur le disque! » ajoute-t-il. L’artiste a pris le soin de présenter chacune de ses pièces, parfois avec beaucoup d’humour, pour nous expliquer d’où venait son inspiration et ce qu’il voulait raconter. Son nouvel opus plus intime que ses précédents collait absolument avec l’ambiance créée pour le spectacle.

Sans prendre de pause, l’auteur-compositeur interprète a repris ensuite la ronde ses succès. Sauvez mon âme, Quelque chose d’animal, Si fragile, Amère América, Si j’te disais reviens, que des titres appréciés du public. Offerts dans leur version acoustique, ces chansons se dévoilaient sous un nouveau jour, parfois bien différent. Il nous a aussi présenté deux titres inédits et Michèle (croit au paradis), une chanson peu connue de son troisième opus, mais qu’il affectionne particulièrement.

De retour en solo

De Larochellière a expliqué en début de spectacle qu’il voulait que l’album lui-même soit fait en solo. Il a raconté avoir été surtout motivé par le désir d’être le plus autonome possible. Finalement, les choses ont tourné autrement et il est d’autant plus heureux d’offrir enfin cet emballage à ses compositions. « J’ai écris toute ces chansons en me disant que je peux les jouer seul, avec une guitare», raconte-t-il.Ce spectacle lui permet aussi de se comparer en quelque sorte avec l’artiste qu’il était au début de sa carrière. « Je ne suis pas en train de me rappeler du bon vieux temps, mais je trouve ça bien de repasser sur des chemins sur lesquels je suis déjà passé. Je fais la même route, mais j’ai tout un métier que je n’avais pas au début, alors je peux me retourner et dire voilà où j’en suis rendu», confie-t-il.

Mireille Moquin

En première partie, la jeune auteure-compositeure-interprète franco-albertaine Mireille Moquin nous a enchantés et amusés avec ses chansons franches et rafraîchissantes. Son premier album est prévu en automne pour cette nouvelle venue à surveiller.

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Article publié dans Le Radar vol42 No. 28 de la semaine du 21 juillet

Opération séduction pour la Commission jeunesse Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine

La Commission jeunesse Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine était présente sur la Grave vendredi et samedi derniers dans le cadre de leur campagne touristique de recrutement. Cette campagne vise les jeunes touristes en visite dans nos région et qui pourraient potentiellement vouloir s’y installer. « Comme la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine sont des régions touristiques, on a décidé de cibler les jeunes touristes et leur montrer les opportunités de la région », explique Maryève Charland-Lallier, ambassadrice à la commission jeunesse. Cette opération cible autant les jeunes d’ailleurs que ceux originaires des Îles et qui habitent maintenant à l’extérieur.

Le bilan de cette fin de semaine est plutôt positif. « Ce qu’on vise, ce n’est pas tant un grand nombre de personnes, mais la qualité des échanges qu’on avec ces personnes », nous a dit Maryève Charland-Lallier. Elle et Julie Jomphe, agente de migration à l’organisme Place au Jeunes, ont parlé avec plusieurs personnes intéressées dont un jeune homme parti depuis 13 ans des Îles venu passer une semaine de vacances. Il envisage peut-être maintenant de revenir vivre dans la région.

L’importance des jeunes en région

Cette campagne de « Grande séduction » fait parti d’un projet beaucoup plus vaste: Cap sur l’avenir 2009-2012. Ce programme comprend de nombreux aspects et l’un d’eux est le retour et le recrutement de main d’œuvre qualifiée, le but de l’événement sur la Grave. La demande de travailleurs dans la région Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine est importante. On prévoit 9200 nouveaux emplois d’ici 2014 qui vont se libérer en raison des départs à la retraite. « Tous les domaines sont touchés. Des employés en administration, comptabilité, ou bien en santé sont un peu plus recherchés que les autres, mais il y a de l’ouverture partout », précise Julie Jomphe.

En revanche, ça fait huit ans que le solde migratoire chez les jeunes dans la région de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine est positif et Maryève Charland-Lallier remarque qu’aujourd’hui, les jeunes ont de plus en plus le désir de revenir. Un constat plutôt encourageant pour l’ambassadrice de la Commission jeunesse.

Bilan 2010-2011 positif

C’était aussi le moment du bilan la semaine dernière pour la Commission jeunesse. La dernière année a été fort occupée et de nombreuses réalisations ont été accomplies. Notons entre autres, une campagne publicitaire sur l’importance d’encourager les jeunes à s’établir dans la région, la mise en place de comités d’accueil pour les nouveaux arrivants et la diffusion d’une étude sur les facteurs de rétention des jeunes dans les régions faite par le centre de recherche sur les milieux insulaires et maritimes (CERMIM)

Les projets ne manquent pas non plus pour la prochaine année. Une campagne visant à détruire les mythes nuisant à l’image de la région, une série de témoignages vidéos et la mise en ligne d’une boîte à outils pour les employeurs font partie des nouveautés annoncées pour 2011-2012. Ce sera aussi la dernière année du projet qui amènera une évaluation afin d’en connaître les retombées.Pour plus d’information sur la Commission jeunesse, visitez le http://www.faistesboites.com.

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Publié dans l’hebdomadaire Le Radar vol 42 No. 30 de la semaine du 4 août 2011

Le casse-tête belge

“À toi notre sang, ô Patrie Nous le jurons, tous, tu vivras. Tu vivras, toujours grande et belle, et ton invincible unité aura pour devise immortelle: Le Roi, la Loi, la Liberté.” C’est ainsi que se conclut le refrain de la Brabançonne, l’hymne national Belge. Un refrain bien optimiste, car l’unité, la Belgique l’a très rarement connue. C’est encore plus vrai depuis les derniers mois. Lors des dernières élections législatives le 13 juin 2010, la Nieuw-Vlaamse Alliantie, alliance néo-flamande en français (ou N-VA), le parti séparatiste flamand, a remporté 29 % des voix. Ce résultat ne donne pas la majorité absolue, mais il semble montrer une certaine réalité dans un pays qui a été secoué dernièrement par une crise politique. En effet, rien ne va plus entre Flamands et Wallons, les deux principales communautés linguistiques du pays. Les parties ne s’entendent pas et la situation se dégrade de plus en plus. En fait, ça va si mal que le président Yves Leterme a présenté sa démission au roi Albert II en avril dernier, déclenchant ainsi les élections de juin.

La Belgique est un pays complexe, en grande partie à cause de son contexte linguistique. Il y a officiellement trois langues officielles dans le pays : le français, le néerlandais et l’allemand (parlé par une petite minorité). Ces langues sont réparties en trois régions : les germanophones et les francophones occupent la Wallonie au sud et les néerlandophones, la Flandre au nord. La troisième région, Bruxelles-capitale, enclavée en Flandre, est officiellement bilingue, mais les habitants y parlent majoritairement le français. Depuis la création du pays en 1830, les Flamands néerlandophones et les Wallons francophones ont des frictions. Deux cultures historiquement opposées qui évoluent au sein du même territoire amène inévitablement des disputes. On en a eu encore la preuve l’été dernier.

On peut reculer très loin dans le temps pour comprendre plus clairement la situation. On peut aller jusqu’au début du Moyen-âge. Et la Belgique a vu le spectre de la séparation surgir à plusieurs moments du côté des francophones comme du côté des néerlandophones. Le pays s’en est toujours relevé, sans jamais avoir totalement anéanti le problème. Mais depuis plusieurs années déjà, la Flandre laisse entrevoir son désir de se séparer. On se rappellera du canular de la RTBF fait en 2007 qui laissait croire à l’indépendance de la Flandre. Cette réalité est d’actualité depuis un bon moment déjà. Mais avec la victoire du N-VA, elle vient de prendre un nouveau tournant.

La politique au cœur du conflit

Pascal Delwit, professeur de sciences politiques à l’Université libre de Bruxelles dit ceci à propos de l’électorat belge : « conjoncturellement, il y a toujours des élections polarisées ou des scrutins qui cristallisent des changements à l’œuvre depuis plusieurs années. Ces élections traduisent alors, dans la sphère électorale et politique, un état de fait au plan social. » Autrement dit, ce qui se passe au Parlement serait un reflet de ce qui se passe dans la société.

Les partis politiques au pouvoir aux parlements fédéral, wallon et flamand pourraient-ils donc expliquer ce qui se passe présentement en Belgique, un pays où le vote est obligatoire, en reflétant l’opinion et l’état de la population générale?

Opposition

Il y a une différence notable entre les visions politiques des deux régions. Depuis quelques décennies, on présente la Wallonie comme étant de gauche. D’ailleurs, le parti ayant la plus grande majorité actuellement est le parti socialiste (PS). Le Mouvement Réformateur (MR) a pris par contre un peu plus de terrain lors des dernières élections. Le MR pourrait être considéré un peu plus à droite comparé aux autres partis de la chambre, mais il se décrit comme étant au centre.

La Flandre, au contraire, est tout à fait à droite. Le Vlaams Belang, qui possède une bonne partie des sièges au Parlement flamand, est considéré comme étant d’extrême droite. On l’a même déjà accusé de racisme à ses début, tant ses membres jugeaient durement les francophones. Mais lors des dernières élections, le Socialistische Partij Anders (sp.a) le parti socialiste flamand a remonté légèrement tandis que le parti chrétien, le Christen-Democratisch en Vlaams (CD-V) est en baisse bien qu’il soit toujours le parti au pouvoir.

Évidemment, la grosse surprise fut la rentrée du N-VA. Pourtant, le Vlaams Belang, qui a pendant quelques temps été le deuxième parti du Parlement flamand, était clairement nationaliste. Mais il n’est jamais arrivé premier et, s’il était le reflet d’une grogne bien existante en Flandre, il n’était pas celui de la majorité. L’arrivée en première place du V-VA est un changement radical, d’autant plus qu’il s’agit d’un parti relativement récent (il a été fondé en 2001). Et le fait que deux partis clairement séparatistes occupent un grand nombre de sièges au Parlement est aussi un fait notable. La crise politique qui a précédé les élections était bien réelle, et il est très possible qu’un ras-le-bol collectif ait eu lieu et que la population ait espéré qu’une solution radicale pouvait enfin y mettre un terme.

La sortie des Socialistes

Le séparatisme en Wallonie n’existe à peu près pas dans l’histoire politique récente et le PS ne fait pas exception. Il déplore la division des États, ce qui laisse entendre qu’il est contre toute division, même si la Flandre n’est pas nommée explicitement. Mais récemment les dirigeants du PS, menés par leur chef Elio Di Rupo, ont fait une sortie qui a fait grand bruit en disant qu’il fallait s’attendre à la fin de la Belgique et qu’il s’agissait d’un « scénario imaginable ».

Par contre, contrairement à ce qu’on pourrait penser, le N-VA n’est pas particulièrement d’accord avec les dirigeants du PS. Le président du parti flamand dit ne pas comprendre leur logique étant donné que cette position semble contradictoire avec leur vision, amenant un nouveau sujet de discorde entre les partis.

Peu importe ce qui a mené réellement le PS a avoir ce constat, c’est la preuve que les choses bougent à Bruxelles. D’ailleurs, M. Di Rupo avait remis sa démission au roi Albert II au mois de septembre 2010, démission que le roi a refusée. Mais qu’en est-il de la population? Lorsque la majorité des francophones avait voté pour le PS aux dernières élections, ils avaient voté pour un parti fédéraliste qui était pour l’unité de la Belgique, et non pour un parti qui ne voit pas de solution pour résoudre la crise et qui convient que la séparation peut être inévitable.

Et pour la suite?

La crise est loin d’être terminée comme le démontrent les mésententes qui se multiplient au Parlement, notamment, encore une fois, sur la question de la langue. Le nouveau gouvernement n’est en place que depuis quatre mois, il est donc encore un peu tôt pour présumer de la suite des choses. D’autant plus que les choses bougent beaucoup et on peut s’attendre à n’importe quel revirement. Les différents partis sont encore loin d’une entente sur plusieurs beaucoup de points. La question de Bruxelles, qui a été écartée ici, car elle est un problème presque insolvable en elle-même, divise toujours autant. De plus, l’économie wallonne s’est beaucoup affaiblie ses dernières années alors que du côté flamand, les affaires vont plutôt bien, ce qui donne encore plus envie, sans doute, aux Flamands de s’affirmer. Et c’est ce que semble prouver la montée du N-VA. Celle-ci, ainsi que le comportement politique général, serait la preuve, selon la logique de Delwit, qu’un mouvement de changement social existe bel et bien en Belgique.

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*note* Cette analyse a été rédigée lors d’un cours en automne 2010. La situation a un peu évolué depuis, mais la situation est restée sensiblement la même. Il n’y a toujours pas de gouvernement en Belgique et aucune solution n’a encore été trouvée pour remédier à la situation.

bienvenue

Parce que le métier de journaliste, c’est écrire, communiquer, informer, j’ai cru que cela allait de soi de créer un blog! Ce sera l’occasion de partager à la fois ce qui attire mon attention dans l’actualité générale et journalistique et les articles et textes produits dans le cadre de mes études ou de mon travail.

Bienvenue à tous sur mon blog!